Il y a des profes­sions qui intriguent plus que d'autres. Connaissez-​vous celle de généa­lo­giste ? Entre anecdotes et recherches appro­fondies, Rémy Boeringer nous partage son quotidien dans la capitale azuréenne. 

Rencontres, surprises… L'univers de la généa­logie passionne. Depuis l'été 2019, Rémy Boeringer gère sa propre activité dans notre cité. Mais alors comment arrive-​t-​on dans ce milieu ? "J'ai d'abord fait une licence d'histoire puis je me suis lancé dans un master pour devenir professeur des écoles. Finalement, je suis entré dans la vie active en partant sur quelque chose de complè­tement différent : restau­ration, puis commerce". 

Au cours de ces années, son intérêt pour la généa­logie grandit… "J'en ai fait en amateur. J'avais les bases pour chercher dans les archives par rapport à ma licence, ça m'a permis d'apprendre. J'ai d'abord réalisé des recherches pour moi puis pour des amis.…" En parallèle de son ancienne activité, il décide alors de se lancer, jusqu'à s'y consacrer pleinement. 

En France, on trouve deux branches : les généa­lo­gistes succes­soraux qui effec­tuent des recherches pour les notaires, notamment pour découvrir des héritiers, et les familiaux, qui cherchent à savoir ce qui s'est passé, à avoir des détails, à constituer des arbres généa­lo­giques étoffés… 

"Je fais essen­tiel­lement du familial mais je travaille aussi en sous-​traitance pour des cabinets succes­soraux". Il s'est lancé avec un but précis : "rendre la généa­logie acces­sible à tous". Ainsi, il propose "des tarifs acces­sibles et diffé­rentes offres : je mensualise en fonction des moyens de chacun". 

La famille Stuart, les Mormons…

Pour ce passionné, les journées sont variées : "par exemple, ce matin j'étais aux archives du diocèse pour un acte de sépulture. C'était pour une histo­rienne qui fait une recherche sur la descen­dante de la famille Stuart. Cet après-​midi, j'étais chez les Mormons. En fonction de chaque demande, on s'adapte !"

Comment définir ce métier ? "Il y a beaucoup de gens qui viennent vers nous en pensant que nous sommes un peu des détec­tives. Ce n'est pas tout à fait le cas. C'est très scien­ti­fique : on se base sur des documents adminis­tratifs, on n'invente pas n'importe quoi. Certains viennent vers nous en disant 'j'ai été adopté sous X, je voudrais connaître mes parents. Mais ce n'est pas possible". 

Elle prend l'identité de sa soeur décédée

Au quotidien, il y a "des histoires très intéres­santes". À travers des recherches pour des Monégasques, Rémy a retrouvé "un homme qui était crédencier (celui qui goûte les plats) du Prince et qui est décédé lors d'une tempête au large du Menton. La famille ne le savait pas".

Un véritable lien se crée avec les clients : "c'est ce qui me plaît : on a beaucoup d'échanges, les gens viennent chercher des réponses sur leur vie en fonction de celle de leurs ancêtres, ils sont touchés…"

D'ailleurs, pour certains, faire une demande "on sent que c'est un peu comme une thérapie : même si je ne rentre pas là-​dedans". Souvent, "il y a des non-​dits dans les familles". Ce qui entraîne des décou­vertes surpre­nantes : "je suis tombé sur une femme qui s'était mariée trois fois. La dernière, elle s'est rendue dans un village à trente kilomètres. Elle a menti, et pris l'identité de sa soeur qui était morte un an auparavant !"

"On a toujours cette adrénaline quand on trouve un élément parti­culier, que l'on va pouvoir creuser". Ce métier reste méconnu mais il semblerait qu'il intéresse de plus en plus… "J'ai l'impression que ça devient une mode, qui interroge les gens".

Pratique

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