PARTIE 1/2. À l’occasion du Festival du Livre dont Nice-Presse est partenaire, Philippe Besson, Prix Baie des Anges 2023, revient sur son livre qui a tant fait parler, « Un personnage de roman » (éd. Julliard). En 2017, il avait suivi Emmanuel Macron tout au long de la campagne présidentielle. Mais il ne faut pas s’attendre à une suite !
- À LIRE AUSSI… Coulisses de tournages, euthanasie, Depardieu, #MeToo, anecdotes… Anny Duperey à coeur ouvert dans Nice-Presse
Nice-Presse. Ce roman aura bientôt presque 10 ans, et dans l’intervalle, la présidence d’Emmanuel Macron est devenue pour le moins crépusculaire. Pourrait-elle vous inspirer un nouvel ouvrage ?
Philippe Besson : C’était intéressant d’écrire sur la conquête du pouvoir, d’autant que le surgissement d’Emmanuel Macron était alors improbable. Cet homme ne devait pas gagner, il gagne, c’est un sujet de roman. L’exercice de ce pouvoir aurait pu faire l’object d’un texte, sur la confrontation de toutes ces ambitions avec le réel. Elles peuvent s’y fracasser.
Vous avez donc pensé à en écrire un ?
J’y ai pensé mais il me l’a aussi proposé. Et nous ne l’avons pas fait. Je n’en avais plus envie. Lui-même a assez vite hésité d’ailleurs. C’était en 2018. Mais pour revenir à nos jours, la fin d’une histoire est toujours captivante, le mot « crépuscule » est terrible.
Comment l’observez-vous ?
Ce double mandat trouve une conclusion tragique. Ce réel l’a rattrapé. Il n’a pas de majorité, c’est un président empêché, amputé. La guerre est à nos portes depuis trois ans, on a connu les « gilets jaunes », le Covid-19… Qu’une succession de crises. Une somme de soubresauts, et une fin politique en eau de boudin. C’est triste, cette impuissance, ce temps qui a filé. C’est d’autant plus tragique que l’homme est jeune. Nous ne sommes pas face aux « présidents vieillards », souvent malades, que l’on a pu connaître. Mais pour lui, tout se perd et se délite.
C’est aussi votre déception : vous y avez cru, et il est votre ami…
J’ai trouvé que l’idée de réconcilier la droite et la gauche était formidable. Je pensais que le pays mourrait de l’opposition un peu factice des différents camps. On pensait avoir rendez-vous avec plus de social, une personnalité inédite, incarnant la jeunesse. Aucune des promesses n’ont été tenues, d’où une grande désillusion. J’en suis d’autant plus mortifié que je garde de l’affection pour l’homme, même si je juge sévèrement le président.



Commentez l'actualité
Vous ne pouvez plus réagir 20 jours après la publication de l'article. Les contenus insultants ou diffamatoires ne seront pas autorisés, idem pour la publicité et les liens web. En cas de problème ou de contenu illicite, contactez-nous.