Six arboriculteurs et maraîchers des Bouches-du-Rhône et de la Drôme, ainsi que leur fournisseur, seront jugés de lundi à mercredi à Marseille dans une affaire de trafic de pesticides importés d’Espagne. Le dossier, dans lequel de nombreuses associations de protection de l’environnement sont parties civiles, porte sur la vente et l’utilisation de produits interdits, présentés comme dangereux pour la santé et l’environnement.
L’audience s’ouvre au tribunal correctionnel de Marseille avec, au centre, des produits phytosanitaires qui ne bénéficiaient pas d’autorisation. France nature environnement (FNE) et d’autres organisations entendent faire valoir les enjeux sanitaires et environnementaux liés à ces substances. Norma Jullien-Cravotta, juriste chez FNE Auvergne-Rhône-Alpes, dénonce « des produits dangereux pour la santé et l’environnement ».
Trois tonnes et demi de produits interdits écoulés entre 2018 et 2024
Selon Pia Savart, juriste chez FNE national, partie civile dans ce dossier, trois tonnes et demi de produits interdits ont été commercialisés entre 2018 et 2024 par le fournisseur mis en cause, « dans le métier depuis 35/40 ans ». FNE national est partie civile aux côtés de ses émanations régionales dans les zones concernées, de l’association Générations futures, de la Ligue pour la protection des oiseaux LPO Paca ou encore du syndicat agricole minoritaire de la Confédération paysanne.
Le fournisseur, un retraité de 77 ans domicilié dans le Gard, sera jugé notamment pour importation de produits phytopharmaceutiques falsifiés, ainsi que pour leur détention, offre et vente, comme produits dangereux pour l’homme et l’environnement. Sa société, la SCEA Midfifix environnement, est également poursuivie en tant que personne morale. Elle avait été créée après la liquidation d’une autre société et alors que la première affaire n’était pas définitivement jugée.
Six agriculteurs renvoyés devant le tribunal correctionnel
Six agriculteurs seront jugés à ses côtés dans la salle des procès hors norme du tribunal correctionnel de Marseille. Ils devront répondre notamment de détention en vue de l’utilisation de produits phytosanitaires ne bénéficiant pas d’une autorisation. Les sociétés gérées par ces agriculteurs sont elles aussi renvoyées en tant que personnes morales.
Il est également reproché à tous les prévenus l’usage de faux en écriture. Les produits étaient vendus et facturés sous de fausses dénominations, selon les éléments du dossier.
Les pesticides étaient employés sur des cultures notamment de melons, salades, tomates, blé, riz, artichauts, butternuts, pommes et poires. Les exploitants de la Drôme approvisionnaient notamment une enseigne spécialisée dans les produits frais.
Pour Jean-Luc Juthier, arboriculteur à la retraite dans la région du Pilat (Loire) et membre de la Confédération paysanne, l’utilisation de ces produits a pu poser « des problèmes au niveau de l’environnement, de la santé pour les salariés des exploitations, pour les exploitants et leur famille qui vivent à proximité et donc également pour les riverains ».
Plusieurs avocats des prévenus, contactés par l’AFP, n’avaient pas donné suite avant l’ouverture du procès.
Nice-Presse avec des contenus de l’AFP









Commentez l'actualité
Vous ne pouvez plus réagir 20 jours après la publication de l'article. Les contenus insultants ou diffamatoires ne seront pas autorisés, idem pour la publicité et les liens web. En cas de problème ou de contenu illicite, contactez-nous.