Le retour de Val d’Isère dans la course aux épreuves de ski alpin pour les JO d’hiver 2030 relance les tensions entre stations. Rien n’est encore tranché, mais le match semble basculer en sa faveur.
- À LIRE AUSSI… Entre retards, tensions et sites disputés, les JO d’hiver 2030 à Nice dans les Alpes démarrent dans un climat compliqué
La carte des sites olympiques, toujours sujette à négociations, évolue à nouveau pour les JO d’hiver 2030. Lundi, le comité d’organisation a exprimé une nette « préférence » pour Val d’Isère, au détriment de Méribel, qui pourrait sortir du circuit alpin. Une décision encore provisoire, mais qui attise déjà les tensions.
Val d’Isère privilégiée, Méribel menacée
« On peut difficilement imaginer d’organiser des Jeux olympiques en France sans Val d’Isère », a déclaré à l’AFP Edgar Grospiron, président du comité d’organisation. Selon lui, intégrer la mythique station savoyarde garantirait « les Jeux les plus réussis possibles et les plus spectaculaires ».
Mais ce choix doit rester budgétairement neutre par rapport à l’option initiale. Des discussions sont donc toujours en cours avec les collectivités concernées. La décision définitive interviendra à l’automne, lorsque la carte complète des sites sera officialisée.
Carte à haut risque ?
La réintégration de Val d’Isère signifie l’éviction probable de Méribel pour les épreuves de ski alpin. Proposée pour accueillir les épreuves paralympiques, Méribel voit cette idée d’un très mauvais œil. Son maire a même menacé de se retirer du projet. « Il faut qu’on regarde les options alternatives », a reconnu Edgar Grospiron.
Le retour de Val d’Isère est porté depuis des mois par Jean-Claude Killy, légende du ski français et co-président des JO d’Albertville 1992. Choqué par sa mise à l’écart, Killy s’était dit « scandalisé » par son exclusion du projet initial.
Pressions symboliques et coûts non chiffrés
« Killy, il ne va pas lâcher le morceau », confiait récemment un ancien élu proche du milieu olympique. Mais ce retour pourrait coûter cher. « Val d’Isère, c’est 30 millions d’euros en plus », estimait un membre du bureau exécutif il y a quelques semaines. Edgar Grospiron, de son côté, affirme ne pouvoir fournir « aucun chiffre » à ce stade.
Accompagné de Michel Barnier, ancien Premier ministre et co-président des JO de 1992, Edgar Grospiron a récemment démarché les élus locaux. En mars dernier, Barnier posait même skis à l’épaule sur la mythique piste de Bellevarde, conçue pour les JO de 1992.
Budget sous haute surveillance
Les Jeux d’hiver étant traditionnellement moins rentables que les Jeux d’été, l’enjeu budgétaire est particulièrement scruté. Dans un contexte national de rigueur financière, l’organisation devra respecter une enveloppe de deux milliards d’euros.
Les régions Auvergne-Rhône-Alpes et Provence-Alpes-Côte d’Azur y contribuent chacune à hauteur de 50 millions d’euros. L’État ajoute 362 millions, complétés par les recettes de billetterie et les partenariats commerciaux.
Carte des sites encore en chantier
« La semaine dernière, on a dit au bureau exécutif à Edgar que les conditions n’étaient pas réunies pour que la carte soit présentée le 21 juillet », a confié à l’AFP un membre du bureau. « Ça ne sert à rien de se dépêcher pour prendre des décisions irresponsables », poursuit cette même source.
Initialement attendue fin juin, la carte officielle des sites a été reportée à la rentrée. Le projet couvre quatre grands pôles géographiques, de Nice au Grand-Bornand, sur près de 500 kilomètres. Une répartition soumise à des critères stricts du CIO et des fédérations internationales, mais aussi à de solides contraintes budgétaires.
Avec AFP










Commentez l'actualité
Vous ne pouvez plus réagir 20 jours après la publication de l'article. Les contenus insultants ou diffamatoires ne seront pas autorisés, idem pour la publicité et les liens web. En cas de problème ou de contenu illicite, contactez-nous.