La chapelle de l’Annonciade, plus ancienne que le monastère lui-même, concentre plusieurs siècles d’histoire religieuse, des oratoires, une crypte, des absidioles, des statues et un reliquaire remarquable. Suivez le guide.
Cette merveille du patrimoine mentonnais se découvre après quelques lacets, dans l’enceinte du monastère de l’Annonciade. Vera Ceusters, qui veille sur le site depuis le départ des sœurs en 2012, nous rappelle d’ailleurs que c’est bien l’édifice religieux qui était là en premier. « Elle date du douzième siècle » confirme-t-elle à Menton-Presse.
« Le site est lié à Podium Pini, mentionné dès 1146 dans les textes. En 1251, les châteaux du secteur dépendent de la famille Vento. Bien avant l’édification du monastère, une première chapelle existait déjà sur place. »
Pietà, Vierge à l’Enfant et relique romaine
La partie la plus ancienne correspond à la chapelle Saint-Joseph. Dédiée à ce dernier, elle conserve un retable en bois et une statue de Joseph à l’Enfant. Vera Ceusters confirme que cette partie forme le noyau ancien de l’édifice. « Ce n’est qu’après qu’ils l’ont agrandi. »


La nef prend ensuite une autre dimension. Au XVIIe siècle, l’ensemble accueille la congrégation de Puypin, fondée en 1694 par des prêtres de Menton. Après la Révolution, le domaine, devenu bien national, est acquis en 1808 par Jérôme de Monléon, maire de Menton, pour servir de sépulture familiale. Le monastère abrite ensuite des moines capucins de 1866 à 1999, puis les sœurs de l’Annonciade de 2000 à 2012. Depuis cette date, seule la chapelle reste ouverte.
Celle de Monléon, créée après le rachat du site en 1808, se distingue, elle, par son autel en marbre blanc et ses vitraux modernes. Plus loin, la crypte rappelle un autre moment de l’histoire des lieux. Une campagne de travaux menée entre 1867 et 1868 permet alors d’ajouter un chœur destiné aux religieux et deux absidioles, donnant au sanctuaire sa forme de croix latine.

Dans l’une des absidioles, à l’ouest, se trouve une Pietà représentant Marie tenant sur ses genoux le corps du Christ après la crucifixion et avant la mise au tombeau. À l’est, une autre deuxième abrite une Vierge à l’Enfant, renvoyant à la Nativité et à la maternité de Marie.
Une chapelle active et fréquentée
Dans le chœur, orienté au nord, un autel en bois d’olivier conserve un reliquaire remarquable. Vera Ceusters y ajoute un détail. « En dessous, il y a une relique de saint Fortunat. C’était un martyr romain. » Elle évoque aussi la présence de saint François de Camporosso, figure très citée au XIXe siècle.

Un tableau placé au-dessus de l’autel principal représente explicitement l’Annonciation. « Dans la crypte, un ex-voto en bois rappelle ce mystère. Il est offert en 1641 par Jean-Jérôme de Monléon, fidèle lieutenant du prince Honoré II, en remerciement après la révolte qui permet au souverain monégasque de chasser l’occupant espagnol de ses États. »


La chapelle n’est pas seulement un témoin du passé. Vera Ceusters observe une fréquentation régulière. « Chaque jour, il y a du monde qui vient la visiter. » Cette dernière conserve aussi une fonction religieuse ponctuelle. Quatre ou cinq messes y sont encore célébrées chaque année par la paroisse du Sacré-Cœur, notamment lors des fêtes mariales.



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