Christian Estrosi revendique de purger chacun des élus métropolitains qui affichent une proximité avec le RN ou avec son ennemi Eric Ciotti. Ce qui n’est sans provoquer quelques remous au cours des différentes séances de l’agglo.
Les (épisodiques) tensions à la Métropole continuent. Lors de l’une des dernières plénières, la plupart des maires avaient approuvé le budget présenté, et les débats s’étaient déroulés dans un calme presque olympien. Vendredi dernier, pour l’examen de l’exercice 2024 - et à l’approche des élections municipales ! - le climat avait bien changé.
Objet de l’agitation ? La toute première délibération présentée, à savoir l’élection d’un nouveau quatorzième vice-président de la Métropole (qui en compte tout de même vingt). Le précédent tenant du titre, auquel a succédé Paul Burro de Belvédère, ayant été écarté pour avoir assisté aux voeux d’Eric Ciotti, le rival du président Christian Estrosi.
Pratiques « dignes de Ceaușescu »
Philippe Vardon, président d’un groupe d’opposition ex-RN composé d’une dizaine d’élus, a pour une fois pris le micro sur le sujet : « on ne peut désormais passer outre les tensions apparues au sein de notre Métropole ces derniers mois, dont le vote qui vient d’avoir lieu est bien une nouvelle réplique ».
« Il est assez facile d’imaginer que les tensions vont s’aggraver dans les mois à venir, avec l’entrée dans les campagnes municipales. Un champ de bataille qui sera aussi métropolitain. Combien de fois serons-nous ainsi obligés de voir un maire quitter – plus ou moins volontairement – ses fonctions dans l’exécutif ? (…) Le fonctionnement de notre Métropole ne peut pas être tributaire, encore moins prisonnier, des joutes politiques du moment. »
Et Philippe Vardon de demander si une commune telle que Cagnes-sur-Mer se retrouverait « reléguée » l’an prochain si un maire RN y était élu.
🗣️ Apres la « démission » du maire de Levens, jai rappelé @cestrosi que notre Métropole est un établissement public de COOPÉRATION intercommunale.
— Philippe Vardon (@P_Vardon) May 16, 2025
Si demain le maire de Cagnes-sur-Mer s’appelait @MassonBryan, la deuxième ville de notre métropole serait-elle donc privée de toute… pic.twitter.com/k1YEXGPg3s
L’élu Niçois proche de Marion Maréchal a formulé deux propositions : « D’abord, que les principales villes de notre métropole – disons les 10 plus importantes – bénéficient de l’attribution statutaire d’une vice-présidence. Ensuite, que les 10 autres vice-présidences soient réservées à des maires afin d’assurer une juste représentation ».
Bertrand Gasiglia, maire (UDR) de Tourrette-Levens et proche d’Eric Ciotti, abonde. Critiquant des pratiques « dignes de Ceaușescu », faisant référence au dictateur roumain, l’édile a brocardé « la sanction du précédent vice-président, Antoine Véran, sanctionné pour un délit d’opinion, pour avoir assisté aux voeux du conseiller départemental de son territoire…»
« Notre pacte de confiance a été rompu »
Christian Estrosi (Horizons) a brièvement répondu « à ceux qui portent tous la même étiquette, en tant que filières du Rassemblement national de Marine Le Pen ».
« Il y avait un pacte de concensus dans cette Métropole, oui, mais il a été troublé par les dernières élections législatives. Nous avons été transparents. J’ai démissionné, et j’ai été réélu par les élus de cette Métropole. Chacun s’était engagé sur un nouveau pacte clair. Ceux qui se sont rendus à une réunion du RN, avec des élus du RN, ont rompu ce pacte de confiance. Une réunion pendant laquelle l’action conduite par cette Métropole a été attaquée ».
Toujours sur le plan politique, Christian Estrosi a rappelé que ses alliés aussi « sont tous privés de fonctions au sein de l’exécutif du Conseil départemental ».










Commentez l'actualité
Vous ne pouvez plus réagir 20 jours après la publication de l'article. Les contenus insultants ou diffamatoires ne seront pas autorisés, idem pour la publicité et les liens web. En cas de problème ou de contenu illicite, contactez-nous.