Christian Estrosi envoie un poids lourd de sa majorité municipale recon­quérir son fief de l'ouest niçois. Gaël Nofri sera le candidat Horizons dans la cinquième circons­cription en vue des légis­la­tives anticipées, tel qu'il l'annonce ce 14 juin dans un interview exclusif accordé à Nice-​Presse.

Le terri­toire, il l'arpente déjà tous les jours. Il faut dire que Gaël Nofri collec­tionne les casquettes en prise directe avec les Niçois : maire-​adjoint chargé de la circu­lation, des collines, mais aussi président de la régie des trans­ports métro­po­li­tains et de celle des parkings. Christian Estrosi lui fait donc confiance pour battre campagne dans le cinquième secteur, dont il a longtemps été le député. 

En 2022, l'ouest avait basculé, avec l'élection de Christelle d'Intorni. Une sortante soutenue par Marine Le Pen et Eric Ciotti qui se lance en position de force, portée par la "vague frontiste". Mais Gaël Nofri compte bien "démasquer son imposture" face aux électeurs.

Nice-​Presse : Vous vous lancez en n'étant pas favori, quel est votre état d'esprit ?

Gaël Nofri : Je mesure l'importance du défi ! Je n'ai jamais aimé les combats faciles. Cette circons­cription, je la connais très bien. C'est un terri­toire authen­tique : des quartiers urbains populaires, des collines, les moyen et haut pays. Les défis qui s'imposent à nous y sont concentrés. 

Avec Christian Estrosi, que je remercie pour sa confiance, on y a démontré tout ce que le politique peut faire pour le quotidien, en termes de trans­ports, de rénovation urbaine, d'emploi, d'environnement. Le France est malade de politi­ciens hors-​sol. Nous prouvons que ce n'est pas notre cas !

Quel bilan faites-​vous de la députée sortante ?

On ne retient à peu près rien. Elle aura envoyé des courriers à tout le monde, y compris à Elon Musk pour lui donner des leçons sur Twitter. Et puis voilà. Son bilan c'est nada, que tchi ! Elle est servie par une dynamique nationale. D'un point de vue local, elle n'a rien à faire valoir, c'est d'ailleurs pour ça qu'elle s'abrite derrière Marine Le Pen. Elle n'aurait pas suivi Eric Ciotti dans sa barbou­zerie sinon.

Il paraît que les candidats Horizons entendent constituer un groupe de droite qui prendra un peu ses distances avec le président Macron. En quoi ?

Le sujet, c'est de constituer une majorité de gouver­nement, la plus large possible. Je suis un homme de droite, attaché à des valeurs, ferme sur la sécurité, la lutte contre l'immigration, la lutte pour le pouvoir d'achat.

N'êtes-vous pas mal placé dans cette candidature face au RN, au vu de votre passé lié au Front national, comme conseiller de Marine Le Pen ?

Je suis le mieux placé ! Regardez tous les précé­dents scrutins : à un moment, chacun des électeurs de la cinquième circons­cription ont voté pour le RN. Ce ne sont pas des gens d'extrême droite pour autant. Je les comprends, il y a une volonté de faire table rase, de dire "on n'en peut plus". 

Ils ont raison : le pays va mal ! Mais nous n'éviterons pas le chaos avec Jordan Bardella. On ne répare pas une montre déréglée avec des coups de marteau. La situation est trop fragile pour basculer dans l'inconnu. L'aventurisme écono­mique serait morti­phère. Leur projet est surréa­liste. Ils veulent la réforme à 60 ans, Eric Ciotti la veut à 65, tout en supprimant des milliers de postes de fonction­naires. Quelle cohérence là-dedans ? 

Face à vous, il y aura aussi Fabrice Decoupigny, écologiste investi par le "Nouveau Front Populaire". Il vous inquiète ?

D'expérience, les suites de films sont toujours ratées. La NUPES 1 n'a mené à rien, attendons nous à la même chose pour la NUPES 2. Ce qui m'inquiète, c'est le score qu'ils pourraient faire : ce sont les amis de Sandrine Rousseau, du wokisme, du laxisme, du commu­nau­ta­risme. Ils n'ont même pas été capables de dire que le Hamas, ce sont des terro­ristes ! Ces gens-​là pourrissent les quartiers populaires, ils sont respon­sables du mal-​vivre dans des cités comme celle des Moulins.


La première séquence de campagne sera proposée demain, samedi 15 juin à 9h30, avec un rassem­blement devant la perma­nence de Christian Estrosi à Nice, 41 rue Gioffredo.

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