Réunis face à l’érosion du littoral, élus et associations demandent au Premier ministre la création rapide d’un fonds dédié, estimant que l’urgence environnementale et économique ne peut plus attendre. Une motion solennelle a été adressée au gouvernement pour remettre le sujet au cœur de l’agenda politique.
Lundi, le Comité national du trait de côte (CNTC) a adressé une motion au Premier ministre afin de « réaffirmer solennellement l’urgence à agir ». En ligne de mire, la création d’un fonds spécifiquement consacré à la lutte contre le recul du littoral, un phénomène dont les conséquences s’aggravent sur de nombreux territoires.
Un appel solennel pour créer un fonds contre l’érosion du littoral
Dans ce texte transmis à Sébastien Lecornu, les signataires expliquent attendre du gouvernement « une réponse à la hauteur des enjeux environnementaux, sociaux, économiques et territoriaux liés à l’érosion du littoral ». Ils demandent qu’il « crée un fonds érosion côtière et apporte des financements adaptés aux territoires littoraux afin de lutter contre un phénomène dont le caractère inéluctable est établi ».
La motion a également été envoyée aux ministres concernés, précise à l’AFP la députée de Gironde Sophie Panonacle, présidente du CNTC. Elle vise notamment Monique Barbut et Mathieu Lefèvre, chargés de la Transition écologique, Amélie de Montchalin aux Comptes publics et Françoise Gatel à l’Aménagement du territoire.
Le texte insiste sur l’ampleur des risques. Il « rappelle que le recul du trait de côte constitue un enjeu socio-économique majeur, entraînant des impacts sur les territoires littoraux considérables et des menaces directes sur les personnes, les logements, les activités économiques et les infrastructures ». Et d’ajouter : « Nul ne peut ignorer que nos littoraux et leurs populations sont en grave danger ».
Un amendement abandonné dans le budget 2026
En novembre, Sophie Panonacle avait fait adopter un amendement destiné à financer la lutte contre l’érosion côtière. Celui-ci n’a finalement pas été retenu dans la version finale du budget 2026. L’élue espère désormais que le futur fonds pourra voir le jour dans le cadre de la loi de décentralisation portée par Françoise Gatel.
La motion souligne que ce mécanisme « avait vocation à être instauré dès 2026, dès lors que les modalités de financement proposées, présentées comme innovantes, n’avaient pas pour effet d’aggraver le déficit de l’État. »
Une taxe de 1% sur les plateformes de location saisonnière
L’amendement prévoyait notamment une taxe de 1% sur le chiffre d’affaires des plateformes de location saisonnière comme Airbnb. Selon Sophie Panonacle, ce dispositif aurait permis de dégager plus de 200 millions d’euros par an.
Créé en 2023 dans le sillage de la loi Climat et résilience de 2021, le CNTC réunit des élus de territoires côtiers, des organisations d’élus comme l’Association des maires de France et l’Association des élus des territoires littoraux, des associations écologistes telles que Surfrider et la Ligue pour la protection des oiseaux, ainsi que des fédérations professionnelles concernées par l’urbanisme, l’immobilier ou encore l’hôtellerie. Tous plaident pour un outil financier à la hauteur des menaces qui pèsent sur les côtes françaises.
Nice-Presse avec des contenus de l’AFP










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