Du Grand Briançonnais à la vallée de la Tinée, la croissance démographique a tendance à fléchir depuis une décennie. Ces bassins de montagnes de la région Sud restent plus habités qu’ailleurs en France, mais certaines statistiques peuvent nous interroger sur une perte d’attractivité.
Voici une étude qui dresse « le portrait » des communes de montagnes en Provence-Alpes-Côte d’Azur. Publié par l’INSEE le jeudi 16 octobre, le rapport nous donne un certain nombre de clés permettant de décoder la situation démographique dans les hautes altitudes du Sud-Est. Une enquête pour laquelle les chiffres les plus récents sont arrêtés en 2022.
Sachez déjà qu’il y a trois ans, environ 83.700 personnes vivaient dans l’un des sept bassins montagnards de région. Une population en nette hausse en comparaison à 1962 (+45 %). À titre d’exemple, ce même type de localité dans le reste du pays a connu une progression bien plus faible (+20 %).
Ralentissement et vieillissement ?
Mais la dynamique n’est plus la même depuis les années 2010. Constante pendant 50 ans, cette croissance est à présent au ralenti, ayant stagné sur notre territoire depuis 2011. Sur la même période, elle a augmenté de 3 points ailleurs en France. Il nous faut néanmoins préciser que la conjoncture n’est pas semblable que vous soyez à Embrun (+17 points) ou à Queyras (-12 points).
Un phénomène qui s’accompagne d’un vieillissement global des habitants de ces villages de montagne du Sud, où l’âge médian est passé de 44 ans en 2012 à 49 ans en 2022. À cette date, un quart des résidents de ces zones avaient 65 ans ou plus, comme en Provence-Alpes-Côte d’Azur, mais bien plus que dans l’Hexagone (21 %).
Comment expliquer ce changement ? Potentiellement par un temps d’accès aux équipements et aux services plus long, ce qui peut freiner les familles ou les jeunes couples. Ainsi, trois individus sur dix dans ces municipalités mettent plus de quinze minutes pour aller à la banque, au supermarché ou bien à l’école, contre 2 % ailleurs.
Le poids du tourisme sur le logement et l’emploi
En revanche, le boulot est plus à proximité, la moitié des actifs parcourant 4,5 kilomètres jusqu’à leur bureau, contre 6,5 en Provence-Alpes-Côte d’Azur. Sauf dans la vallée de la Tinée, où ils comptent 8 kilomètres afin de rallier leur travail. Un emploi qui tourne très souvent autour du tourisme (quatre sur dix), tandis que l’agriculture est en net déclin (elle ne représente plus que 4 % des postes).
Le tourisme étant le secteur le plus porteur, on comprend mieux pourquoi le taux de maisons secondaires atteignait les 65 % en 2022, avec un nombre total de logements qui a pratiquement quadruplé en 60 ans. Une période durant laquelle les vacances d’hiver se sont largement démocratisées, avec cependant des problématiques liées au climat.
Moins de pauvreté, mais un niveau de vie inférieur
Et qui sont les habitants des communes de montagne ? Plutôt des personnes qualifiées possédant au moins le baccalauréat (63 %), et le plus souvent avec un diplôme d’études supérieur (quatre sur dix).
Mais leur niveau de vie est globalement inférieur à celui des résidents du littoral et des plaines de la région. D’un autre côté, le taux de pauvreté y était de 15,4 en 2021, soit deux points de moins que chez leurs voisins. Ce qui, vous l’aurez compris, montre qu’il y a moins d’inégalités dans ces villes en altitude qu’au bord de la mer.






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