La militante féministe, jugée polémique, n’a pas sa rue dans la capitale azuréenne.
C’était il a plus d’un an. Les élus niçois refusaient de donner à une voie de la cité le nom de Gisèle Halimi, une personnalité, disparue en 2020, qui « ne fait pas l’unanimité ».
Le conseillère municipale écologiste Juliette Chesnel-Le Roux nous l’expliquait, en juin 2022 : « J’ai suggéré cet hommage, eu égard à son combat pour la cause des femmes », mené notamment avec Simone de Beauvoir et Jean Rostand. Son action a été déterminante pour que la France évolue enfin, dans les années 1970, sur le sujet de l’avortement.
« Elle mérite sans doute plus un geste que certains militaires, que le multi-condamné Charles Pasqua ou que Jacques Médecin, qui a fui la justice (pour lesquels c’est le cas, quartier de la Libération et près de la place Masséna, ndlr)».
« Mais l’ex-RN Philippe Vardon a répondu que c’était hors de question, puisque Gisèle Halimi a défendu des membres du Front de libération nationale (FLN)» dans le contexte post-guerre d’Algérie. « La majorité, qui était favorable à mon idée au départ, lui a emboîté le pas » détaillait-t-elle. « Le risque de trouble à l’ordre public a été évoqué ».
« Elle a donné la confiance dont les femmes avaient besoin »
Le Théâtre national programme cette saison « Gisèle Halimi, une farouche liberté ». Nice-Presse a donc interrogé le 5 septembre sa directrice, Muriel Mayette-Holtz, sur ce refus.
Femme engagée, MMH a répondu sans ambages : « Je le regrette à 200 % ! Je ne me suis, parfois, pas sentie légitime en assumant certaines fonctions. Elle a été d’une grande aide. Quand je dirigeais la Comédie Française, c’est elle qui m’a fait transformer le terme « administrateur » en « administratrice ». « Le jour où on a pu dire ‘étudiante’, le monde a changé » m’a-t-elle rappelé ».
« Je lui dois beaucoup. Elle a donné une confiance aux femmes, qui en ont besoin dans ce combat pour l’équité ».






