À Menton, les équipes municipales s’activent dans les Jardins Biovès pour donner vie aux décors de l’édition 2026 de la Fête du Citron, placée sous le thème « Merveilles du vivant ». Animaux géants, motifs végétaux et structures monumentales prennent peu à peu forme. Avec la directrice des parcs et jardins, qui s’est confiée à Menton-Presse.
À l’aube de l’inauguration de la Fête du Citron, le fruitage bat son plein. Caroline Gervais, directrice des parcs et jardins, est partout à la fois. Sur une structure, au sol ou le regard levé vers les motifs.

Toujours avec son précieux carnet à la main. C’est elle qui orchestre les décors des Jardins Biovès. L’architecte discrète des installations, celle qui transforme des plans griffonnés à la main en sculptures monumentales.
Sept motifs géants, 123 tonnes d’agrumes
Cette année, une plongée dans la chaîne du vivant, du micro-organisme jusqu’au mammifère.« Il y a les animaux, bien sûr, mais aussi le végétal, l’ADN… c’est vraiment la base de tout » explique-t-elle pour Menton-Presse, le regard plongé dans ses dessins.
Dans les jardins, l’homme est volontairement absent. Seule subsiste Gaïa, figure divine. « C’est un thème qui nous touche tous, petits et grands. La préservation du vivant, on y est forcément sensibles. »


Sept motifs prendront place, légèrement plus hauts que l’an dernier. Certains impressionnent par leur volume (un tigre motorisé particulièrement imposant, une baleine, des girafes, des hérons, des perroquets) d’autres par leur finesse, comme Gaïa justement.
Impossible d’anticiper précisément les quantités nécessaires de citrons ou d’oranges. Ce matin-là encore, Caroline a arpenté chaque structure, grimpé sur les échafaudages, évalué à l’œil les surfaces restantes et fait le bilan des stocks disponibles.
« C’est une vraie usine à gaz » sourit-elle. Au total, près de 123 tonnes ont été commandés cette année, contre 116 l’an passé. Un record. Trente-cinq agents sont mobilisés quotidiennement dans les jardins, épaulés par autant d’intérimaires.
300 000 personnes attendues !

Autour d’eux gravitent chauffeurs, réceptionnaires, décorateurs, sans compter le renfort de communes voisines comme Nice, Roquebrune-Cap-Martin, La Trinité ou Beausoleil. Une association d’ici, l’Automobile Club de Menton, vient prêter main forte le week-end. « Ils connaissent le travail, ils avancent bien. Leur aide est précieuse. Si d’autres pouvaient nous aider comme ça…»
Capricieux en ce début d’année, le temps n’aide pas les équipes, qui se protègent comme elles le peuvent. On avance malgré tout. Certains échafaudages commencent déjà à être démontés. En parallèle, les plans sont reportés au sol par quadrillage, pour transformer les dessins en réalité.
Au cours des festivités, chaque matin, les fruits accessibles sont remplacés. Le soir, ceux des hauteurs. L’humidité accélère leur vieillissement. « On change tout ce qui est moche ».

Le recyclage des agrumes est plus que jamais au centre des attentions. « Une plateforme de compostage locale permettra de récupérer une grande partie des fruits, même les plus abîmés. Jusqu’ici, une partie était vendue, donnée ou jetée. » Désormais, l’objectif est de valoriser au maximum ces tonnes d’oranges et de citrons.
« Ils ont déjà eu une vie importante. S’ils permettent de faire venir près de 300 000 personnes sur l’ensemble du festival, c’est qu’ils ont déjà servi à quelque chose. » Caroline travaille sur la Fête du Citron depuis plus de vingt ans. Les thèmes passent, les motifs changent, mais l’intensité reste la même : « on a l’impression de faire du trapèze, sans filet. »









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