Une soixantaine de CRS ont été dépêchés en renfort à Nice, provisoirement, après une fusillade survenue dans le quartier prioritaire des Moulins, qui a causé la mort de deux personnes et blessé cinq autres, a confirmé samedi la préfecture des Alpes-Maritimes. Laquelle est pointée du doigt par les élus…
« Sur décision du ministre de l’intérieur, la CRS 81 est engagée dans le quartier depuis la nuit dernière et restera le temps nécessaire », précise la préfecture dans un communiqué.
« Avec les effectifs mobilisés en continu tous les jours et toutes les nuits, le dispositif de sécurisation est donc de plus de 100 agents (CRS, BAC…)», ajoute-t-elle, en mentionnant également la mise en place d’une cellule d’urgence médico-psychologique.
Vendredi, sur les lieux de la fusillade probablement liée au narcotrafic, le préfet avait rappelé que 300 personnes issues des Moulins et de l’autre grand quartier prioritaire de Nice, L’Ariane, avaient été incarcérées depuis le début de l’année.
La préfecture, réfutant toute passivité, souligne que deux millions d’euros sont consacrés chaque année aux Moulins via des dispositifs d’accompagnement éducatif et d’accès aux droits et services publics. Par ailleurs, 75 millions d’euros ont été investis dans le cadre du nouveau programme national de renouvellement urbain.
Éric Ciotti : « un gouvernement défaillant, une mairie impuissante »
Trop c’est trop. Les habitants des Moulins se sentent abandonnés par l’Etat. Moi, je ne les abandonnerai pas. Je demande à l’Etat de réagir fermement et dans la durée, et ne pas nous envoyer des renforts qu’ils nous enlèveront demain. pic.twitter.com/FzLtRB7enK
— Christian Estrosi (@cestrosi) October 3, 2025
Dans la nuit, le maire, Christian Estrosi, avait eu des mots très durs à l’encontre de l’Etat, évoquant son « cri de colère » et son intention de se rendre à la préfecture « en délégation ».
“Ma colère est constante (…) J’ai toujours déclaré qu’il était inacceptable que la police nationale, voire l’armée dont j’ai réclamé à plusieurs reprises le déploiement, n’occupe pas le terrain en permanence dans un lieu où il faut juguler à tout prix le narcotrafic. Nous sommes sur un territoire qui pourrait être un territoire perdu de la République et je ne l’accepterai pas dans ma ville” avait-il ajouté. Tout en nuançant ses propos ce matin, apportant son soutien à l’action du ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau.
Son rival Eric Ciotti pointe, lui, « un gouvernement défaillant, incapable de reprendre le contrôle des territoires gangrenés par le narcotrafic et l’immigration clandestine » mais aussi « une mairie impuissante, qui tente de masquer son bilan sécuritaire par des slogans et des caméras ». Avant de livrer plusieurs propositions, résumées par ici.
« Homicides volontaires en bande organisée »
La fusillade a éclaté vendredi en début de soirée sur la place principale de ce quartier de 8.000 habitants, situé à l’ouest de Nice, proche de l’autoroute mais enclavé, souvent secoué par des affrontements liés au contrôle de points de vente de drogue.
Le véhicule suspecté d’avoir servi aux auteurs des tirs a été découvert incendié à Mougins, à une vingtaine de kilomètres de Nice, selon une source policière.
D’après cette même source, le pronostic vital de l’une des cinq personnes blessées restait engagé samedi.
Le parquet, qui devait livrer plus de précisions dans l’après-midi, a ouvert une enquête pour « homicides volontaires en bande organisée et tentatives d’homicide volontaire en bande organisée ». L’affaire a été confiée à la police judiciaire des Alpes-Maritimes.
Sur place, la parole des habitants restait rare. Des traces de sang étaient encore visibles sur les murs ainsi qu’un impact de balle. Deux pots de fleurs ont été déposés sur le sable recouvrant les marques sanglantes.
Avec AFP



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