Quatre personnes ont été placées en garde à vue ce jeudi dans le cadre de l’enquête sur la fusillade qui a ensanglanté le quartier des Moulins à Nice lundi dernier. Ce déchaînement de violence, survenu en plein après-midi sur une place commerçante, a coûté la vie à deux pères de famille et fait six blessés.
Une voiture s’arrête, une trottinette en est sortie, le chaos s’installe. Le scénario de la fusillade qui a secoué Nice lundi dernier commence à livrer ses premiers secrets. Le parquet de Marseille a confirmé ce jeudi que quatre individus sont actuellement interrogés sous le régime de la garde à vue par les enquêteurs.
Ces interpellations marquent une étape cruciale pour les policiers qui tentent de reconstituer le puzzle de cet après-midi d’horreur. Selon des informations révélées par Nice-Matin, l’un des hommes appréhendés pourrait être le tireur lui-même. Ce dernier avait surgi de manière impromptue sur sa trottinette au milieu d’une zone d’ordinaire très fréquentée par les clients des commerces alentour.
Le mode opératoire décrit témoigne d’une organisation méthodique et d’un sang-froid glaçant. L’assaillant a été déposé sur les lieux en voiture, emportant avec lui son engin de transport léger pour s’infiltrer plus facilement dans le dédale des rues du quartier sensible des Moulins. Une fois sur place, il n’a laissé aucune chance à ceux qui se trouvaient sur son chemin.
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L’homme a ouvert le feu par rafales nourries, visant délibérément un groupe de personnes rassemblées devant un établissement de quartier. La scène s’est déroulée sous les yeux des passants, à proximité immédiate d’un café et d’un magasin de bonbons, transformant un lieu de vie quotidienne en une véritable zone de guerre le temps de quelques détonations.
Le bilan humain de cette attaque est particulièrement lourd. Ahmed, âgé de 57 ans, et Adilson, un entraîneur de football de 39 ans, ont succombé à leurs blessures. Ces deux hommes étaient des figures locales, tous deux pères de famille, dont la disparition brutale a plongé le quartier dans une profonde détresse.
Victimes collatérales
Outre les deux victimes décédées, six autres personnes ont été atteintes par les tirs. Parmi elles, trois ont été grièvement touchées lors de l’assaut. Les nouvelles concernant leur état de santé sont toutefois plus rassurantes puisque le parquet a précisé que l’ensemble des blessés était désormais hors de danger depuis mardi.
Cette explosion de violence a littéralement terrorisé les habitants des Moulins. Le quartier se retrouve une nouvelle fois confronté à ses démons, lui qui portait déjà les stigmates de faits similaires survenus seulement quelques mois auparavant.
Selon les premières analyses du parquet, ces violences s’inscrivent dans un contexte de « lutte pour le contrôle du trafic de stupéfiants ». Pourtant, le profil des victimes interroge : seuls trois des hommes blessés lors de la fusillade de lundi étaient connus des services de police pour des faits liés à la drogue. Les autres semblent avoir été des victimes collatérales…
Un quartier marqué par les règlements de comptes
L’enquête est désormais pilotée par la juridiction interrégionale spécialisée (Jirs) de Marseille, confirmant l’ampleur criminelle du dossier. Ce n’est pas la première fois que la place des Amaryllis ou ses environs immédiats servent de décor à des règlements de comptes sanglants.
En octobre 2025, un tireur circulant à bord d’une voiture avait déjà mitraillé au hasard, tuant Oyshkur, un père de famille de 57 ans, et Rayan, un jeune Niçois de 20 ans.
En juillet 2024, c’est un incendie criminel qui avait décimé une famille comorienne sans aucune histoire dans un immeuble voisin. Sept membres de cette famille, dont trois enfants et un adolescent, avaient péri dans les flammes, un drame lui aussi lié à un règlement de compte.
Dans l’affaire d’octobre dernier, le travail des enquêteurs avait permis l’arrestation et la mise en examen de cinq suspects dans les semaines qui avaient suivi. Avec ces quatre nouvelles gardes à vue, les autorités espèrent apporter une réponse rapide à cette escalade de violence qui semble ne plus connaître de limites.
Ce qui est important
- L’enquête progresse rapidement avec quatre interpellations majeures quelques jours seulement après la fusillade.
- Les profils des victimes décédées, deux pères de famille intégrés, soulignent la violence aveugle de l’attaque sur la place commerçante.
- Le quartier des Moulins est plongé dans un climat d’insécurité marqué par trois drames sanglants depuis l’été 2024.
Avec agence



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