Halle gourmande depuis presque une dizaine d’années, la Gare du Sud vient d’essuyer deux échecs consécutifs avec des gestionnaires privés. Pour 2026, changement de braquet, la mairie ayant repris en main le dossier pour la transformer en un centre culturel.
C’est une institution dans le quartier de la Libération. Inaugurée en 1892, la Gare du Sud, rénovée, était convertie, il y a presque dix ans, en vaste halle gourmande. Mais ce projet, vite démodé, n’a pas fonctionné, le site étant tantôt en surchauffe, tantôt trop frisquet. Il fut même un temps fermé pour des raisons d’hygiène, avec le premier gestionnaire.
Autre opportunité après ce fiasco, l’aventure « Meditteraneo », qui débutait en 2022. Un restaurant unique et XXL cette fois, qui n’a pas non plus trouvé son public. Souvent déserté, ses horaires d’ouverture ont même été réduits ces derniers mois. Jusqu’à ce que le groupe Iera, le privé aux manettes, manifeste des envies d’ailleurs. La Ville, de toute façon, voulait reprendre le gouveraail, puisque ce marasme nuit à l’attractivité du quartier.

10 millions d’euros pour transformer la Gare du Sud
Changement de cap, donc, après une phase de réaménagement. Le plan sera évoqué lors du conseil municipal du 1er octobre, et coûterait environ dix millions d’euros. Si tout se déroule comme prévu, le tout serait accessible dès le premier trimestre 2026.
Le restaurant transalpin IT ne bougera pas. Pour le reste, ouste : la collectivité va aménager un centre culturel dont elle détaille les aspirations dans des documents qui nous ont été fournis, confirmant une information de Nice-Matin.
Rendez-vous sera pris avec une agora centrale, point de départ vers d’autres espaces. Cette place sera ouverte aux échanges et aux rencontres, avec un café et son kiosque à journaux. Elle recevra des spectacles, des conférences et ferait écho à la Biblioteca Salaborsa de Bologne :

La bibliothèque Raoul-Mille enrichie
Dans les étages, la bibliothèque municipale Raoul-Mille ne bouge pas. Elle sera en plus complétée par une BDthèque - sur le modèle du Volcan, au Havre - qui promet une grande diversité de genres. Précisons qu’elle devrait être davantage tournée vers un public jeune, de la petite enfance à la préadolescence.
Le reste sera à découvrir dans les « faubourgs ». Les futurs visiteurs doivent par exemple s’attendre à voir apparaître une ludothèque dans laquelle seront proposés tous les types de jeux. Ajoutons à cela une surface consacrée aux documentaires.
Espace pour le numérique et une « bibliothèque de l’art »
Mais ça ne s’arrête pas là. Le centre sera doté d’un Fablab, dédié à la réalisation de projets numériques. Des imprimantes 3D, des scanners, des casques de réalité virtuelle et des stations de montages multimédias devraient être à la disposition des curieux. Des animations autour de ce thème sont envisagées.
L’art n’est pas oublié, avec un site pour les expositions et une « artothèque ». Cette dernière fonctionnera sur le même principe qu’une bibliothèque, à savoir qu’il sera possible d’y emprunter des œuvres, comme des photos et des gravures. Des ateliers de sensibilisation accompagneront ce dispositif.
Parmi les exemples les plus cités par la municipalité dans son ébauche, Les Franciscaines de Deauville, un splendide équipement artistique logé dans un ancien couvent datant de 1876.
Éric Ciotti reste fidèle à sa proposition et veut y installer le théâtre
Candidat à l’élection municipale de 2026, Eric Ciotti, qui veut lui aussi y voir un établissement culturel, a très vite réagi à cette annonce. Qualifiant l’édifice de « joyau », le chef de l’UDR souhaite y « installer le théâtre de Nice » pour en faire un « pôle avec une irrigation sur tout ce quartier historique. »
La Gare du sud mérite mieux que l’improvisation. Demain, elle sera un théâtre.
— Eric Ciotti (@eciotti) September 20, 2025
À Nice, pour la culture, le meilleur est à venir ! pic.twitter.com/y4CJGt4IzI
Une proposition qui n’est pas nouvelle, et que la directrice du TNN a plusieurs fois balayée. Dans nos colonnes, en septembre, Muriel Mayette-Holtz assurait que « l’équipement dont nous avons besoin (une salle de 800 places) ne peut être logé dans ce bâtiment. »
De son côté, le rassemblement citoyen Viva ! estime que c’est aux habitants de trancher. « Aujourd’hui, il y a urgence à stopper les projets à l’emporte-pièce. Les Niçoises et les Niçois auraient dû être consultés sur le devenir du TNN et d’Acropolis. Ils doivent l’être sur l’avenir de la Gare du Sud. Il est indispensable de prendre le temps d’une véritable concertation publique pour décider du devenir de ce bel édifice qui porte en lui beaucoup de l’histoire locale. »



il y a un besoin urgent à Nice, d’ateliers pour sculpteurs peintres et créatifs, pour travailler enseigner et vendre, cet endroit pourrait être une destination pour un quartier artistique très vivant, avec des artistes professionnels.