Christelle d'Intorni (Les Républicains) vient de saisir la justice pour tenter d'obliger Christian Estrosi et son équipe à lui commu­niquer une variété d'éléments comptables -"tout parti­cu­liè­rement" ses notes de frais - liés à la gestion du Grand Prix de Formule 1 au Castellet. Charge au Tribunal adminis­tratif de décider si le GIP doit être forcé à s'y conformer, ou pas.

Le feuilleton continue. Dans le Sud-​Est, la bataille fait rage autour de la disso­lution du groupement d'intérêt public ayant présidé à l'organisation du Grand Prix de France plusieurs années durant, dans le Var. Alors que ce GIP doit dispa­raître, il reste aux diffé­rentes collec­ti­vités en ayant fait partie d'éponger une dette d'environ trente millions d'euros.

formule 1 Castellet
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Du côté des macro­nistes, le président de la Région Sud Renaud Muselier et celui de la Métropole Nice-​Côte d'Azur Christian Estrosi, notamment, on fait valoir que la compé­tition a produit de très impor­tantes retombées écono­miques. 279 millions d'euros, d'après une étude. 

Les deux collec­ti­vités ont donc consenti sans rechigner à s'acquitter de leur part. Ce n'est pas le cas du Conseil dépar­te­mental du Var - tenu par Les Républicains autour de Jean-​Louis Masson - qui suspecte une mauvaise gestion. 

Même topo pour les élus de l'opposition, côté Nice-​Côte d'Azur. Ici, c'est la députée et élue métro­po­li­taine Christelle d'Intorni qui ferraille. Avec un tournant très juridique pris hier soir.

Tel queValeurs Actuelles l'indiquera dans son édition papier à paraître jeudi, une infor­mation que Nice-​Presse est en mesure de confirmer, l'édile proche d'Eric Ciotti en appelle, en référé, au Tribunal adminis­tratif de Marseille pour obtenir des pièces justi­fi­ca­tives, toujours au sujet de ce GIP.

Ce que Christelle d'Intorni cherche à consulter, ce sont les documents liés au recours à certains presta­taires "très onéreux" mais aussi aux résultats complets des audits commandés. 

Tout parti­cu­liè­rement dans sa ligne de mire : "les dépenses officielles du GIP, donc notamment celles de Christian Estrosi". La députée entend, explique-​t-​elle, vérifier qu'aucun euro dépensé soit lié "au train de vie" des uns et des autres. 

Le Tribunal décidera si les documents doivent être transmis ou non

Nice Christelle d'Intorni
[© Nice-​Presse]

"Aujourd'hui, Christian Estrosi s'enferme dans une opacité absolue, en se soustrayant à une stricte obligation légale !" dénonce-​t-​elle dans nos colonnes. Rembobinons. La conseillère métro­po­li­taine a réclamé les diffé­rentes pièces dans un courrier daté du 14 août 2023, sans obtenir satisfaction. 

La CADA, la Commission d'accès aux documents adminis­tratifs, est saisie fin septembre. "Elle m'a donné raison, deux mois plus tard, pour deux demandes sur trois : l'accès à l'audit, et aux justi­fi­catifs des dépenses officielles (restau­rants, voyages…)".

Une mise en demeure est, dit-​elle, transmise à l'équipe de Christian Estrosi fin janvier. "Sans réponse, j'ai décidé ce 23 janvier 2024 de saisir le Tribunal adminis­tratif de Marseille. En référé, puisque cette disso­lution revêt une présomption d'urgence".

Comme l'indique la Commission d'accès, "en cas de refus de l’administration de commu­niquer le document ayant fait l’objet d’un avis favorable de la CADA, c’est à la juridiction adminis­trative qu’il appar­tient de connaître des litiges intéressant l’application, par l’administration, de la loi". En clair, charge au Tribunal de décider si le GIP doit, ou pas, trans­mettre "de force" ces pièces à Christelle d'Intorni.

Le GIP se dit "pas défavorable" à la transmission des justificatifs

Précision impor­tante au-​delà du seul aspect juridique des choses : Nice-​Presse a contacté par téléphone, avant la publi­cation de cet article, Eric Boullier, directeur général du (futur défunt) GIP.

"Nous ne sommes pas opposés à fournir les pièces demandées, on l'a déjà fait, au sujet de certains documents, pour d'autres personnes qui ont pu nous le demander !" démine-​t-​il.

"Mais il faut comprendre que rien de tout cela ne se fait d'un claquement de doigts. Il convient de scanner des centaines de documents. Le GIP n'a presque plus de colla­bo­ra­teurs. Alors ça prend du temps".

Il pourrait falloir plusieurs semaines pour connaître la décision du tribunal. Qui, d'ailleurs, ne serait pas forcément définitive ! Si le président Estrosi décidait de ne pas vouloir faire suivre ces dossiers, alors le Conseil d'Etat pourrait tout à fait devoir statuer, en sa faveur, ou en celle de Christelle d'Intorni.

Rappelons qu'en septembre 2023, on apprenait que la police judiciaire de Toulon était saisie d’une enquête sur la dette du Grand Prix. Investigations qui déter­mi­neront si des infrac­tions ont réellement été commises.

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