À quelques jours de l’ouverture de la Conférence des Nations Unies sur l’océan à Nice, Greenpeace dénonce le projet de déclaration finale, jugé vide d’ambition face à la crise climatique et écologique.
« Belles paroles », « coquille vide » : Greenpeace a vivement critiqué jeudi le projet de déclaration de la troisième Conférence des Nations Unies sur l’océan (Unoc 3), prévue du 9 au 13 juin à Nice. L’ONG y voit un texte sans ambition réelle pour « résoudre la crise des océans ».
« Le texte actuel montre une fois de plus clairement que les gouvernements ne prennent pas au sérieux la protection des océans et se contentent de belles paroles sans apporter de réels changements en mer », affirme Megan Randles, cheffe de délégation de Greenpeace International à l’Unoc, dans un communiqué.
« Sans une amélioration drastique de cette déclaration, la Conférence des Nations Unies sur les océans deviendra un forum de discussion vide de sens », ajoute-t-elle.
Une conférence attendue mais un texte jugé décevant
L’événement réunira près de 190 délégations, dont une cinquantaine de chefs d’État ou de gouvernement. « Elle a vocation à être pour l’océan l’équivalent de ce que l’accord de Paris a été pour le climat », a déclaré le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot, mardi sur France Inter.
Le projet de déclaration, structuré en une trentaine de points, rappelle plusieurs engagements passés — notamment l’accord de Paris et l’accord de Kunming-Montréal, qui vise à protéger 30 % de la planète d’ici 2030 (objectif 30x30). Mais selon Greenpeace, le texte ignore les principales causes du réchauffement climatique, en ne mentionnant aucune référence aux énergies fossiles.
Greenpeace pointe également un « langage pitoyablement faible » sur l’exploitation minière en eaux profondes : le texte aurait supprimé toute référence à l’application du principe de précaution. L’ONG déplore aussi l’absence d’engagement clair sur la réduction de la production de plastique.
Autre regret : le projet ne reconnaît pas le rôle central du Traité sur la Haute Mer (BBNJ), ratifié par 21 pays dont la France, dans la mise en œuvre de l’objectif 30x30.
« Conclure sur un texte sans contenu serait un véritable camouflet » pour la France, affirme François Chartier, de Greenpeace France.
L’océan joue un rôle essentiel dans la régulation climatique : il absorbe 90 % de l’excès de chaleur généré par les activités humaines et 25 % des émissions de CO2. Il a connu des températures record en 2023, menaçant les écosystèmes marins et accélérant la montée du niveau des mers.
Avec AFP










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