Municipales 2026 - Nettement devancé au premier tour des municipales à Nice, Christian Estrosi tente désormais de mobiliser contre Éric Ciotti. Le maire sortant, à moins de 31 % des voix dimanche, appelle à faire « barrage au RN », tandis que la gauche a décidé de se maintenir au second tour.
Dans les rues du centre de Nice lundi matin, Christian Estrosi s’est lancé dans une tournée au pas de charge. Le maire sortant est allé à la rencontre des habitants, multipliant les poignées de main et les échanges après un premier tour difficile.
Réélu avec près de 60 % des voix en 2020, l’édile Horizons n’a recueilli dimanche que moins de 31 % des suffrages. Il arrive nettement derrière son ancien allié devenu rival, Éric Ciotti, qui atteint 43 %.
Dans cette configuration, l’édile sortant tente de mobiliser un « front républicain ».
À Nice, @cestrosi appelle la gauche à éviter une mairie RN, « la ville de Nice est en danger » avec la perspective d’une victoire d’Éric Ciotti (@eciotti)#Nice06 #Municipales2026
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Un appel au barrage contre le RN
Lundi, Christian Estrosi a lancé un appel clair contre le Rassemblement national, alors que son adversaire Éric Ciotti est allié au parti.
« J’appelle très clairement, comme je l’ai toujours fait, à faire barrage au Rassemblement national (…) La ville de Nice est en danger », a déclaré le maire.
Pour espérer conserver la mairie, il comptait notamment sur un retrait de la liste de gauche menée par Juliette Chesnel-Le Roux, créditée de près de 12% des voix au premier tour.
Mais lundi matin, la candidate a coupé son téléphone, alors que même l’Elysée et Matignon ont tenté de la joindre. Dans l’après-midi, elle a finalement annoncé avoir déposé sa liste pour le second tour.
Tout en refusant une fusion avec la liste LFI-Viva, qui a obtenu environ 9 %, jugeant leurs exigences trop importantes.
À Nice, la gauche ne se retirera pas pour barrer la route à Éric Ciotti, « Christian Estrosi n’est pas un rempart face à l’extrême droite »#Nice06 #Municipales2026 @JulietteChesnel @JC_Picard @patrickallemand @JulienPICOT06
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Sans épargner l’équipe en place : « après tant d’années de banalisation d’idées racistes et xénophobes, Estrosi a tracé le sillon de l’extrême droite (…) Est-ce qu’il peut réellement constituer un barrage ? »
Avant de lui demander « solennellement de se retirer immédiatement de la vie politique (…) pour que notre ville retrouve enfin un débat politique digne ».
Une campagne de plus en plus difficile
Au fil des semaines, la campagne du maire sortant s’est transformée en parcours semé d’obstacles. Christian Estrosi s’était pourtant lancé confiant, mettant en avant ses 18 années à la tête de la ville et une carrière politique marquée par de nombreuses victoires électorales.
Mais l’affrontement avec Éric Ciotti, longtemps son plus proche collaborateur, a pris un tour particulièrement brutal. Les deux camps ont multiplié accusations, petites phrases et critiques sur leurs bilans respectifs.
Chaque faux pas du maire sortant a été rapidement relayé par l’équipe de son adversaire. L’un d’eux a particulièrement marqué la campagne : une plaisanterie faite à un groupe de femmes à propos de boulistes qu’il venait de rencontrer.
L’épisode lui a valu deux semaines de tournée dans les clubs de pétanque et plusieurs promesses spécifiques pour tenter de corriger l’image laissée par cette séquence…
Dans le même temps, Éric Ciotti a concentré ses attaques sur la gestion, notamment sur l’augmentation d’environ 20% de la taxe foncière en 2024 et sur différentes enquêtes judiciaires visant l’entourage du sortant.
Rumeurs, tensions et fin de campagne agitée
La campagne a aussi été marquée par plusieurs épisodes sensibles. Mi-février, Christian Estrosi a convoqué la presse un samedi matin pour démentir, certificat médical à l’appui, une rumeur affirmant qu’il serait atteint de la maladie de Parkinson.
Quelques jours plus tard, la découverte d’une tête de porc accompagnée d’insultes antisémites devant son domicile a suscité de nombreuses spéculations sur une possible manœuvre politique.
L’enquête n’a pas établi d’implication directe ou indirecte de son camp dans l’opération. Mais plusieurs personnes mises en cause, dont trois ont été écrouées, ont gravité dans son entourage.
Lors de son dernier meeting jeudi, Christian Estrosi s’est montré affecté par l’idée qu’une majorité de Niçois puisse vouloir tourner la page après près de deux décennies à la tête de la ville.
Dimanche soir, après l’annonce des résultats, sa prise de parole a pris la forme d’une nouvelle présentation de son bilan. Elle s’est prolongée au point que les chaînes de télévision ont interrompu la diffusion avant la fin de son intervention.
De son côté, Éric Ciotti a repris aussitôt sa campagne. Indiquant vouloir « faire barrage à M. Estrosi : la ville a besoin de se libérer de son emprise ».
Ce qui est important
- À Nice, Éric Ciotti arrive largement en tête du premier tour avec 43%, devant Christian Estrosi à moins de 31%.
- Le maire sortant tente de mobiliser un front républicain, mais la gauche menée par Juliette Chesnel-Le Roux a choisi de se maintenir.
- La campagne a été marquée par une confrontation très dure entre les deux anciens alliés devenus rivaux.
Nice-Presse avec agence



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