Après la mort des sept humanitaires à Gaza, tués par des missiles israéliens, le gouvernement de l’Etat hébreu est particulièrement critiqué. En visite à Nice, BHL a assuré que tout est fait « pour qu’il y ait le moins possible de victimes civiles ».
« Il n’y a pas de génocide à Gaza, il n’y a pas de massacre délibéré des populations civiles à Gaza, tout cela est faux ».
Alors que l’administration Netanyahou suscite la polémique, elle s’est trouvée un avocat très médiatique en la personne du philosophe Bernard-Henri Lévy. Invité par nos confrères de France 3 Nice le 3 avril, il a soutenu que « Israël fait tout ce qu’il peut pour qu’il y ait le moins possible de victimes civiles ».
Pourtant, la mort de sept volontaires de l’organisation humanitaire World Central Kitchen, cibles de frappes israéliennes, a suscité jusqu’à « l’indignation » des États-Unis. Tel que le décompte Le Monde, « depuis six mois, près de 32.000 Palestiniens ont péri, pour l’essentiel des civils ; des dizaines d’écoles ont été détruites, les hôpitaux réduits en cendres, environ deux cents employés de missions humanitaires tués ».
« Chacune de ces victimes est évidemment bouleversante »
L’actuelle flambée de violences fait suite aux attaques du 7 octobre 2023, au cours desquelles les terroristes du Hamas ont causé des centaines de victimes et des milliers de blessés.
« Israël mène (depuis) un combat qui devrait être celui de toutes les nations libres, de toutes les démocraties » fait valoir Bernard-Henri Lévy. « C’est un petit pays en première ligne, contre la forme la plus brutale de l’islamisme radical, c’est-à-dire le Hamas et l’Iran. Donc bien sûr que cette solitude, c’est ça mon sujet. Elle est horrible, elle est pitoyable et elle ne plaide pas pour le concert des nations et l’ONU ».
Solution des deux États ?
Avant de soutenir : « chacune de ces victimes est évidemment bouleversante, mais pourquoi ? Qui les expose ? Qui a décidé d’en faire une arme ? Qui a dit que le sang des Palestiniens était l’arme principale pour faire plier ? C’est le Hamas. Celui-ci est comptable, responsable, de chacun de ces civils morts ou déplacés. Il y a une manière pour que cette guerre s’arrête, demain matin, dans une heure : la libération des otages et que le Hamas rende les armes : là, c’est fini à la minute même ».
Tout en rappelant : « j’ai milité depuis 40 ans pour la solution des deux États - c’est-à-dire les droits des Palestiniens (…) Après, est-ce que cette solution est encore possible ? Je l’espère parce qu’il n’y a pas d’autre alternative que la paix, mais pour cela, il faut en effet que les mauvais bergers du peuple palestinien, ceux qui l’ont mené dans l’impasse, il faut qu’ils perdent, qu’ils libèrent leur peuple de leur effroyable emprise. C’est la condition ».
Extrême droite : « On ne refuse jamais une main tendue, mais on peut s’en méfier »
Interrogé sur la présence de « personnalités d’extrême droite, comme l’élu de Nice Philippe Vardon » à des manifestations de soutien à Israël, le philosophe a aussi répondu : « On ne refuse jamais une main tendue, mais on peut s’en méfier (…) L’extrême droite qui nous dit qu’elle s’est convertie, qu’elle était antisémite, qu’elle ne l’est plus, quelle merveille si c’est vrai. Mais il faut des preuves. Ça suppose un travail (…) A-t-il été fait ? J’en doute ».
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