Perché sur sa colline, le Haut-de-Cagnes veille sur la ville depuis des siècles. Bien avant que le Cros-de-Cagnes et ses pêcheurs n’entrent dans l’histoire locale, ce village médiéval était déjà le cœur battant de la cité. 

« Au tout début, on a retrouvé, le long de la rivière de la Cagne, des pierres tombales datant de l’époque romaine » raconte Jessica Garcia, guide-conférencière à l’Office de Tourisme. « Mais toute l’histoire s’est vraiment mise en place à partir du XIIIᵉ siècle avec le village que l’on appelait alors simplement Cagne, avant que n’apparaisse le ‘sur-Mer’. »

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[© Archive Ville de Cagnes-sur-Mer]

Ce nom, rappelle-t-elle, vient de la rivière elle-même. « Le long de la Cagne, il y avait des chiens errants. Les villages prenaient souvent le nom du cours d’eau et en français, ça a donné Canha, puis Cagne. Le « s » a été ajouté en 1922, quand le Haut-de-Cagnes a fusionné avec le Cros-de-Cagnes. »

Le château Grimaldi, symbole de puissance

Dès le XIVᵉ siècle, le paysage est marqué par la construction du château Grimaldi, voulu par Rainier Ier, seigneur de Cagnes et de Monaco. « Il a été agrandi au XVIIᵉ siècle, avec deux étages supplémentaires, pour devenir un palais de style baroque où se tenaient de grands bals » explique Jessica Garcia. 

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[© Ville de Cagnes-sur-Mer]
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[© Archive Ville de Cagnes-sur-Mer]

Une tour panoramique viendra s’ajouter au XVIIIᵉ siècle. Aujourd’hui, l’esplanade du Château, jadis place d’armes fermée, s’ouvre sur une vue exceptionnelle et abrite le Musée du bijou contemporain. « Nous sommes la seule ville de France à être labellisée « Ville et Métiers d’Art » pour ceci » souligne la guide.

Juste en face, l’église Saint-Pierre-Saint-Paul surprend par son entrée atypique. « On y entre par le toit ! » sourit Jessica Garcia. « À l’époque, c’était un accès privé, pour le seigneur, avant que le peuple n’accède par un escalier en colimaçon. » L’édifice, bâti en trois étapes entre les XIIIᵉ et XVIIIᵉ siècles, reflète les évolutions architecturales du village.

« Une authenticité rare »

Autre témoin du XIVᵉ siècle : la chapelle Notre-Dame-de-la-Protection, construite à l’extérieur des remparts. « C’était un lieu de refuge pour les pèlerins susceptibles de transporter des maladies » précise la guide. Elle abrite aujourd’hui une statue de Saint-Roch, protecteur de la cité, fêté chaque 15 août, avec la bénédiction des petits pains.

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[© Archive Ville de Cagnes-sur-Mer]

« Contrairement à son prestigieux voisin, Saint-Paul-de-Vence, le Haut-de-Cagnes a conservé une authenticité rare. Ici, pas de boutiques de souvenirs, uniquement des habitations. C’est notre force » estime Jessica Garcia. Même en plein été, le calme règne dans ses ruelles pavées.

L’âme du Haut-de-Cagnes se nourrit aussi de traditions : messe de Noël avec treize desserts partagés sur le parvis de la chapelle, crèche vivante, ou encore le championnat du monde de boules carrées, né ici même. « Quand on s’y promène, on traverse huit siècles d’histoire, presque sans s’en rendre compte…»

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Né à Nice et diplômé de l'EDJ Nice, Romain Boisaubert couvre l'actualité des Alpes-Maritimes depuis 2014. Après avoir fondé la rubrique « Nos Quartiers » pour Nice-Presse, il dirige Menton-Presse depuis 2026. Expert de la vie locale, de la politique et du patrimoine azuréen, il est présent quotidiennement sur le terrain, de Menton à la Riviera. Engagé pour un journalisme responsable, il est signataire de la Charte de Déontologie de la rédaction.

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