Jeudi 18 juin, la foule s’est massée dans le Vieux-Menton à l’occasion des 130 ans de L’Huilerie Saint-Michel. Parmi les invités, Mauro Colagreco, chef triplement étoilé du Mirazur, évidemment présent aux côtés de Karim Djekhar, son complice depuis vingt ans.
L’Huilerie Saint-Michel, fondée en 1896, souffle cette année ses 130 bougies. Et au moment des discours, la voix de Karim Djekhar, qui dirige la maison du 5 rue de Bréa depuis 2005, s’est chargée d’émotion. « C’est rare qu’une entreprise puisse fêter ça en étant toujours en activité. C’est exceptionnel pour nous. »
Pour lui, l’enjeu dépasse la simple commémoration. « C’est un patrimoine vivant. On met en valeur le passé, le présent, mais surtout le futur. Ça nous pousse à encore créer, encore innover, faire de belles rencontres avec des chefs. »
Une institution sauvée de la fermeture
Des chefs, justement, il y en avait beaucoup ce matin-là. Et le plus étoilé d’entre eux n’aurait manqué le rendez-vous pour rien au monde. Mauro Colagreco, dont le Mirazur en affiche trois au Guide Michelin, mesure mieux que personne le poids des années.
« C’est une vraie institution. Nous, on fête à peine nos vingt ans cette année et on trouve déjà ça énorme » lance celui qui célèbre lui aussi un anniversaire en 2026.
« C’est l’histoire d’une famille qui a su la faire perdurer, la sauver de la fermeture. Elle était sur le point de fermer » rappelle-t-il, citant Karim, ses frères, son épouse Sylvie et désormais ses enfants. « Des gens merveilleux, qui ont voulu redonner de la vie à ces traditions. Des gens d’une grande valeur pour la ville. »
« Quand je suis arrivé ici, Karim, sans me connaître, a ouvert les portes de son magasin, de sa maison, de son cœur. Aujourd’hui, ils font partie de notre famille. Mes enfants l’appellent tonton Karim. C’est une histoire humaine qu’on a construite depuis vingt ans. »
Le citron qui a tout déclenché
Tout est parti d’un agrume. En 2006, quand le créateur de Mitron Bakery débarque sur la Riviera, Karim Djekhar lui propose sa toute première huile aromatisée au citron. « Avant même qu’il ne soit IGP » précisait le créateur de saveurs dans Menton-Presse. De cette première création en naîtront trois, puis quatre…
« Karim est venu me demander tout timidement : ‘Mauro, ça ne te dérange pas que je fasse d’autres huiles pour d’autres chefs ?’ » sourit-il. « Je lui ai répondu : « Bien sûr que non ! C’est toi qui as eu l’idée, c’est un produit exceptionnel, il faut le développer à fond. » »
Car oser parfumer l’huile d’olive, à l’époque, relevait de l’audace. « Il y a vingt ans, ce n’était pas commun. J’ai eu des clients qui se plaignaient au tout début. Mais on a osé. »
Des huiles sur-mesure et un coffret qui s’arrache déjà
Une signature que l’Argentin utilise dans presque tous ses établissements, en France comme à l’international. L’aventure, elle, est loin d’être terminée. Les créations s’enchaînent au rythme des grandes tables.
Une criste marine, cette « algue qui pousse entre les rochers », aussi appelée fenouil de mer, vient tout juste de voir le jour pour Kevin Garcia, au Cap Estel. Et d’autres parfums se préparent dans les cuves, de la feuille de figuier au coing-cannelle.

Mais le clou de cet anniversaire, c’est un coffret. Le « 130 ans », pensé comme un condensé de l’histoire de la maison. « Il représente les quatre générations, et les quatre éléments » confie Karim Djekhar.
Une édition très limitée - 500 exemplaires en boutique, 500 sur le web - dont plus de la moitié est déjà partie en préréservation. « Il en reste quelques-uns, dépêchez-vous ! »






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