Notre réseau de transports publics sera totalement respectueux de la planète d’ici quelques années, même si cette révolution de la mobilité impose de régler quelques sujets techniques parfois complexes. On fait le point avec l’un de ses principaux architectes.

Tout sera prêt un an plus tôt que prévu : « l’ensemble du parc de véhicules de Lignes d’Azur sera vert d’ici 2025 » se réjouit Philippe Pradal, président de la régie, auprès de Nice-Presse. Celui qui est également président-délégué de la Métropole y voit l’exemple concret de la « stratégie globale » déployée par la collectivité.

philippe pradal
Philippe Pradal, adjoint au maire de Nice, président-délégué de la Métropole NCA, chargé notamment des Transports

« Depuis plusieurs années, nous travaillons notamment sur toute la chaîne de l’hydrogène » développe-t-il. Et elle comporte plusieurs aspects techniques : « On doit le fabriquer puis le stocker, assurer la formation des personnes pour utiliser les véhicules, entretenir les infrastructures de recharge… »

La Métropole compte bien tenir son engagement de « décarbonisation » des transports, même si les spécificités de notre territoire créent parfois quelques complications : « nous avons un vrai sujet sur la qualification des véhicules, puisqu’ils doivent être adaptés à tous les secteurs, qu’ils soient plats ou collinaires ».

Tout cela pour dire que le déploiement d’un réseau de transports publics verts ne se fait pas d’un claquement de doigts. Mais les choses avancent et les habitudes s’installent: depuis 2019, NCA n’achète plus aucun bus qui ne soit pas respectueux de l’environnement.

hydrogène bus métropole nice côte d'azur
Notre réseau de transports change ! Depuis 2019, NCA n’achète plus aucun bus qui ne soit pas respectueux de l’environnement

En quoi rouler à l’hydrogène serait-il si formidable?

« On y gagne notamment sur l’autonomie des véhicules » explique le « monsieur mobilités » de la Métropole.

Avec un exemple concret:

« Un bus électrique qui fonctionne à l’hydrogène, il va avoir un réservoir qui va alimenter le moteur pendant toute la journée: il pourra aller partout. Un bus électrique traditionnel, on va devoir le recharger régulièrement, sinon il n’aura plus assez de batterie ».

Philippe Pradal

En quoi est-ce si « propre »?

« Le véhicule ne va plus émettre que de l’eau. Le freinage est également plus doux, ce qui limite les émissions de particules liées aux plaquettes de frein » décrypte Philippe Pradal.

En fonction de sa méthode de production, cet hydrogène peut être plus ou moins écolo. Il n’a pas grand chose de « vert » s’il est fabriqué à partir d’énergies fossiles, par exemple.

L’élu niçois a d’ailleurs été qualifié de « Pinocchio » par le Collectif Citoyen 06 à ce sujet. Alors, notre réseau utilisera-t-il seulement de l’énergie propre?

Réponse : un engagement clair.

« Évidemment, tous les bus de Lignes d’Azur concernés utiliseront un hydrogène 100% vert »

Philippe Pradal

« De même, tous les partenaires industriels sélectionnés dans ce cadre devront être en capacité d’en produire ».

Autre vaste projet sur la table de l’adjoint au maire de Nice : l’électricité verte. « Nous progressons sur la création de fermes solaires. Un projet est très avancé à Levens, il y en aura d’autres ».


Quid de la nouvelle station de Saint-Isidore?

Cet objectif de véhicules 100% décarbonnés va-t-il passer par le projet MONAhySSA, cette station de production d’hydrogène prochainement installée à Saint-Isidore, comme Nice-Matin l’annonçait ce lundi 12 avril? C’est s’emballer un peu vite, dément Philippe Pradal.

« MONAhySSA a été déposé, et il nous intéresse, comme tous les autres. Mais notre gros appel à projets concernant l’hydrogène aura lieu en septembre ».

En clair, « nous n’avons pas encore choisi avec qui nous travaillerons. MONAhySSA n’est qu’une petite brique du grand ensemble ».

De même, « impossible de savoir à l’heure qu’il est » quelles seront les lignes de bus concernées par cet apport d’hydrogène, contrairement à ce qui était détaillé dans l’article de nos confrères (les lignes 8, 20 et 21 étaient évoquées). Et la Métropole ne co-finance pas MONAhySSA, pas plus qu’elle n’a dépassé les déclarations d’intention à son égard.

« Nous travaillons à créer un écosystème sur le territoire et à identifier les partenaires industriels qui seront amenés à intervenir sur l’ensemble des besoins » pose Philippe Pradal. « Mais rien n’est arrêté. »

Lire aussi : Pistes cyclables : une année 2021 «charnière» pour la Ville de Nice

Partagez cette info

Fondé en 2019 par Clément Avarguès, Nice-Presse est un média d'Information Politique et Générale (IPG) reconnu par la CPPAP. Ce compte regroupe les travaux collectifs de notre équipe de journalistes professionnels, tous dédiés au décryptage de l’actualité des Alpes-Maritimes. De l’analyse des grands projets urbains à la mise en lumière de la vie des quartiers, notre rédaction privilégie le terrain et l’indépendance. Chaque article publié sous cette signature reflète l’exigence éditoriale du groupe et le respect strict de la Charte de Déontologie de Nice-Presse, garantissant une information certifiée et sans concession au service des Niçois.

La zone commentaires n'est pas ouverte pour cet article.