Après un léger mieux en septembre, les permis de construire pour les logements sont repartis en baisse en octobre, tandis que les mises en chantier ont, elles, connu un net rebond, d’après les données provisoires du ministère de la Ville et du Logement.
En octobre, 31.107 logements ont obtenu une autorisation de construire, dont 11.691 maisons individuelles, en hausse de « 0,6%» sur un mois, et 19.416 logements collectifs, en repli de 9,2%, détaille le Service des données et études statistiques (SDES).
Dans le même temps, les ouvertures de chantiers auraient progressé de 12,9% en octobre par rapport à septembre, après une baisse enregistrée le mois précédent, selon ces chiffres encore incomplets.
Le ministère insiste sur le caractère provisoire de ces résultats, le recensement des informations n’étant que partiel. Il recourt ainsi au conditionnel pour les mises en chantier et estime que 27.187 logements auraient été lancés en octobre.
Le SDES a modifié sa méthode de calcul à la rentrée et procède désormais à des révisions importantes des données des mois antérieurs à chaque nouvelle publication.
La hausse des permis de construire de septembre, d’abord annoncée à « 2,8%», a par exemple été ramenée à « 2,2%». Le recul des mises en chantier de ce même mois a lui aussi été ajusté, à 6,7% après une première estimation à 8,9%.
Logements neufs : un rebond trompe-l’œil sur fond de crise durable
Sur une période allant de novembre 2024 à octobre 2025, soit douze mois glissants, 374.133 logements ont été autorisés à la construction. Ce volume demeure inférieur de 11,0% à la moyenne des cinq années précédentes.
Concernant les mises en chantier, 274.104 logements auraient été commencés sur ces douze derniers mois, soit 22,2% de moins que la moyenne observée sur les cinq années antérieures. La construction neuve continue ainsi de traverser une crise profonde.
Depuis trois ans, le secteur souffre de la flambée des coûts des matériaux de construction et de la hausse des taux d’intérêt, qui freinent la demande des ménages en réduisant leur capacité d’achat immobilier.
Les acteurs du bâtiment pointent aussi la disparition des dispositifs de soutien à l’investissement locatif, comme la loi Pinel, et le durcissement des normes environnementales, jugés pénalisants pour une reprise de la construction.
- Ce qu’il faut retenir : Les derniers chiffres montrent des permis en baisse en octobre malgré un rebond ponctuel des mises en chantier. Sur douze mois, les autorisations et les débuts de chantiers restent nettement en dessous de la moyenne des cinq années précédentes. La crise du logement neuf se nourrit de coûts élevés, de taux d’intérêt plus forts et de la fin de plusieurs dispositifs de soutien.
Avec AFP






