La ministre du Logement Valérie Létard a affirmé vendredi que la transformation des 9 millions de m² de bureaux vacants en France devait servir en priorité à créer des logements étudiants. Elle a précisé que des mesures seraient intégrées au projet de budget pour faciliter ces reconversions.
À trois jours de la probable chute du gouvernement Bayrou, la ministre a réitéré l’objectif annoncé en début d’année : produire 45.000 logements étudiants en trois ans, alors que les trois millions d’étudiants peinent à se loger.
« La précarité étudiante est le premier facteur d’échec dans les études et cette précarité est avant tout liée à la question du logement », a rappelé le ministre de l’Enseignement supérieur Philippe Baptiste, évoquant l’exemple de 1.500 candidatures pour une seule annonce de logement étudiant.
L’Île-de-France en première ligne
Sur les plus de 9 millions de m² de bureaux vacants en France, l’Île-de-France en concentre 5,2 millions. « Ces 5 millions de mètres carrés, on peut considérer que ça représente (…) autour de 20.000 logements à produire assez rapidement », a estimé Valérie Létard lors d’une visite d’un ancien immeuble de bureaux transformé en résidence étudiante dans le 19e arrondissement de Paris.
Deux rapports publiés vendredi formulent 31 propositions pour lever les obstacles techniques et réglementaires à ces transformations et encourager l’émergence d’une filière économiquement viable.
Un modèle économique à repenser
« Ces rapports nous proposent de transformer un modèle économique mais aussi de regarder comment demain faire en sorte que ces bureaux vacants puissent servir prioritairement à produire du logement pour nos étudiants », a expliqué la ministre. Elle a insisté sur la mise en place, au sein de son ministère, d’une « task force » chargée de suivre durablement ce dossier.
Beaucoup des mesures proposées concernent la fiscalité. Les sociétés de placement immobilier ont souvent plus d’intérêt à conserver des bureaux vides qu’à les revendre en deçà de leur valeur estimée. De plus, la démolition-reconstruction reste plus rentable que la transformation, malgré l’avantage environnemental de cette dernière.
Un marché en pleine mutation
Les auteurs des rapports suggèrent également d’adapter la réglementation technique, aujourd’hui calquée sur la construction neuve, afin de privilégier une logique de « reconditionnement » des bâtiments.
Longtemps dopé par le développement du secteur tertiaire, le parc de bureaux connaît un retournement. Télétravail, ralentissement de la croissance des emplois tertiaires et réduction des surfaces par poste contribuent à l’augmentation du volume de bureaux vacants.
Avec AFP



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