La Fédération des promoteurs immobiliers fait état d’un volume de logements mis sur le marché inférieur à 10.000 unités au troisième trimestre, un seuil jamais atteint depuis la mise en place de cette mesure statistique.
Entre juillet et septembre, 9.962 logements ont été mis en commercialisation, soit un niveau que Didier Bellier-Ganière, délégué général de la FPI, juge « deux fois et demi inférieur à une année habituelle ». Selon lui, il s’agit là d’un phénomène « du jamais vu » depuis la création de l’observatoire du neuf en 2008.
Cette situation contraste avec la progression des permis de construire délivrés depuis le début de l’année, après deux ans de ralentissement marqué.
Lors d’une conférence de presse, Didier Bellier-Ganière a souligné que « les autorisations repartent mais les mises en chantier restent à un niveau très bas ».
Un marché sous tension et des projets retardés pour un secteur en perte de repères
Selon la FPI, qui a sollicité ses adhérents pour comprendre l’écart entre les permis accordés et les réalisations, les promoteurs continuent de déposer des dossiers et de concevoir des programmes afin de ne « pas insulter l’avenir » et de « ne pas perdre les équipes », comme l’a expliqué le président de la Fédération, Pascal Boulanger.
Néanmoins, en raison d’une demande insuffisante, plusieurs opérations n’aboutiront pas. Une sur cinq a été suspendue ou retirée du marché au troisième trimestre « parce que la clientèle n’est pas là et que les promoteurs préfèrent arrêter les frais », a indiqué Didier Bellier-Ganière.
Pour Pascal Boulanger, la reprise n’est toujours pas en vue. Il évoque « des chiffres sûrement les moins bons » transmis par l’observatoire, chiffres qui poursuivent leur dégradation.
Depuis trois ans, le neuf traverse une crise profonde, alimentée par la hausse des coûts de construction, l’augmentation des taux d’intérêt qui freine les achats des ménages, et la disparition de dispositifs d’aide à l’investissement locatif.
Sur les neuf premiers mois de l’année, les réservations de logements par les investisseurs particuliers ont diminué de moitié par rapport à la même période en 2024, dernière année d’existence de l’avantage fiscal Pinel.
Comparé à 2019, le recul est encore plus sévère : les ventes destinées aux investisseurs particuliers ont été divisées par 6,2, passant de « 13.557 » à « 2.183 » en 2025.
- Ce qu’il faut retenir : Le nombre de logements mis en vente atteint un niveau historiquement bas malgré la hausse des permis délivrés. La demande insuffisante contraint les promoteurs à suspendre de nombreuses opérations. Le marché reste affaibli par les coûts élevés, la fin des aides et la chute de l’investissement locatif.
Avec AFP






