Face à un afflux massif de demandes et une « explosion des fraudes », l’État suspend temporairement MaPrimeRénov’ pour les rénovations globales à partir de lundi. La mesure sera en vigueur jusqu’à mi-septembre, le temps de réviser le cadre du dispositif.
Le gouvernement revoit sa copie sur MaPrimeRénov’, principale aide à la rénovation énergétique des logements. À compter de ce lundi, il ne sera plus possible de déposer de nouveaux dossiers pour des travaux d’ampleur. Cette suspension, prévue jusqu’à la mi-septembre, vise à renforcer les conditions d’accès aux subventions et à lutter plus efficacement contre la fraude.
L’Agence nationale de l’habitat (Anah), qui pilote le dispositif, est confrontée à un volume record de demandes, alors que son budget est revu à la baisse. Par ailleurs, de nombreuses irrégularités ont été constatées, poussant les autorités à agir.
Un dispositif structuré autour de plusieurs types de travaux
MaPrimeRénov’ a été lancée en 2020 pour inciter les Français à rénover thermiquement leur logement. Elle s’articule aujourd’hui autour de trois volets : la rénovation par geste (un seul type de travaux), la rénovation d’ampleur (projets globaux) et la rénovation des copropriétés, destinée aux syndics.
Les travaux éligibles couvrent l’isolation thermique (murs, fenêtres, toiture), la ventilation, le changement de chauffage, la production d’eau chaude ou encore le confort d’été. Le montant accordé varie selon le type de travaux, les performances énergétiques avant et après intervention, ainsi que les revenus du foyer.
Dans le cas des rénovations globales, un accompagnateur Rénov’ est obligatoire. Il guide les ménages tout au long du processus, de la conception à la réalisation du chantier.
Les dossiers concernés par la suspension
Seuls les dossiers de rénovations globales, dits « parcours accompagné », sont suspendus. Les demandes concernant des travaux isolés – les « rénovations par geste » – peuvent encore être déposées. Il en va de même pour les aides dédiées aux copropriétés.
Les dossiers transmis avant le 23 juin ne sont pas affectés par cette fermeture temporaire. Le ministère du Logement précise qu’ils seront examinés et, le cas échéant, financés dans les meilleurs délais, sauf en cas de suspicion de fraude.
Un niveau de fraude préoccupant
Parmi les raisons avancées par le gouvernement pour justifier cette pause, la fraude tient une place centrale. Le ministère évoque 16.000 dossiers suspicieux, soit 12 % des demandes en cours de traitement. En 2024, 44.172 dossiers frauduleux avaient été détectés par l’Anah, évitant ainsi 229 millions d’euros de dépenses indues.
À ce jour, huit millions d’euros font l’objet de procédures de recouvrement. Selon Tracfin, la fraude potentielle atteindrait environ 50 millions d’euros par an. Le gouvernement cible notamment une centaine d’accompagnateurs Rénov’ soupçonnés d’usurper des identités ou de manipuler les audits énergétiques.
Autre dérive : la hausse artificielle des prix. Le ministère indique que le coût des travaux a bondi de 7 % en 2025, bien au-delà de l’inflation estimée à 2 %.
Des moyens budgétaires revus à la baisse
Pour 2025, MaPrimeRénov’ dispose d’un budget total de 3,6 milliards d’euros, dont 2,3 milliards versés par l’État. Le reste provient de dispositifs financés par les entreprises comme les quotas carbone et les certificats d’économie d’énergie (CEE).
Ce budget a été revu à la baisse par rapport à 2024, année où l’enveloppe initiale dépassait les 5 milliards d’euros, mais où seulement 3,29 milliards ont été effectivement versés. La dotation étatique est ainsi passée de 3,7 milliards en 2024 à 2,3 en 2025.
L’objectif pour cette année est de réaliser 100.000 rénovations globales et 250.000 rénovations par geste. En 2024, 340.801 logements ont bénéficié du dispositif, dont 91.374 dans le cadre de rénovations globales. Depuis son lancement, MaPrimeRénov’ a permis la rénovation de 2,5 millions de logements, dont 350.000 rénovations d’ampleur.
Le montant moyen accordé pour une rénovation globale s’élève à 41.201 euros en 2025, selon les données de l’Anah.
Avec AFP










La rénovation énergétique n’est qu’une dictature injuste contre les bailleurs puisque d’après Hello watt et le Sénat, 70% des DPE sont faux et ne représentent pas la consommation réelle. Les bailleurs pris en étau entre des impossibilités techniques et des couts pharaoniques, ont décidé d’attendre en retirant leurs biens du marché locatif. Résultat : 2500 agences immobilières en moins, 15000 salariés licenciés, 74% d’offres de petits logements en moins à Paris, 50% des logements en G sont sans solution, 25% ont changé de destination, (airnb, propriétaires occupants etc), des locataires qui tournent en rond etc.. Bref, un chef d’oeuvre de destruction du droit… Lire la suite »