La construction de logements neufs continue de marquer le pas en France. En novembre, les permis de construire comme les mises en chantier ont reculé, confirmant une crise durable du secteur, fragilisé par la hausse des coûts, le durcissement des conditions de crédit et la disparition progressive des aides à l’investissement.
Le nombre de permis de construire accordés pour des logements a diminué de 3,8% en novembre par rapport au mois précédent, selon les données provisoires publiées par le ministère de la Ville et du Logement. Au total, 31.028 logements ont été autorisés à la construction sur le mois.
Dans le détail, cette évolution masque des dynamiques contrastées entre les différents types de logements. Les maisons individuelles tirent légèrement leur épingle du jeu, tandis que le collectif subit un net repli.
Autorisations en baisse, surtout dans le logement collectif
Parmi les permis délivrés en novembre, 12.044 concernaient des maisons individuelles, soit une hausse de 3,2% sur un mois. À l’inverse, les logements collectifs enregistrent une chute marquée, avec 18.984 autorisations, en recul de 7,8% par rapport à octobre, selon le Service des données et études statistiques.
Cette contraction du logement collectif pèse lourdement sur l’activité globale du secteur, alors qu’il constitue traditionnellement une part importante de la production de logements, notamment dans les zones urbaines tendues.
Le ministère rappelle toutefois que ces chiffres restent provisoires, le taux de collecte des informations n’étant que partiel à ce stade, ce qui invite à une lecture prudente des données mensuelles.
Les mises en chantier repartent… à la baisse
Les ouvertures de chantier suivent une trajectoire similaire. En novembre, 25.419 logements ont effectivement été mis en construction, soit un recul de 1% sur un mois. Cette baisse intervient après un rebond observé depuis le printemps, qui n’a donc pas suffi à enclencher une reprise durable.
La lecture des chiffres est d’autant plus délicate que le SDES a modifié sa méthodologie à la rentrée. Désormais, les données des mois précédents font l’objet de révisions mensuelles significatives, ce qui peut accentuer ou atténuer certaines évolutions a posteriori.
Malgré ces ajustements méthodologiques, la tendance de fond demeure clairement orientée à la baisse.
Crise structurelle ?
Sur une période de douze mois glissants, de décembre 2024 à novembre 2025, 378.806 logements ont été autorisés à la construction. Ce volume se situe 9,5% en dessous de la moyenne observée sur les cinq années précédentes, illustrant l’ampleur du décrochage.
Du côté des mises en chantier, la situation apparaît encore plus dégradée. Sur les douze derniers mois, 272.692 logements auraient été commencés, soit un niveau inférieur de 22,2% à la moyenne des cinq années précédentes.
Cette crise de la construction neuve dure désormais depuis trois ans. Elle s’explique par la hausse des coûts de construction, qui renchérit les projets, et par l’augmentation des taux d’intérêt, laquelle a freiné, voire bloqué, les projets d’achat immobilier de nombreux ménages.
À ces facteurs s’ajoute la fin de plusieurs mesures de soutien à l’investissement locatif. La disparition progressive du dispositif fiscal Pinel a contribué à détourner une partie des investisseurs particuliers, accentuant les difficultés du secteur et pesant durablement sur l’offre de logements neufs.






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