À 28 ans seulement, Bryan Masson s’est déjà imposé parmi les figures clés du Rassemblement national maralpin. Député depuis 2022, on le voit très investi à Saint-Laurent-du-Var, Villeneuve-Loubet et en particulier dans sa ville de Cagnes-sur-Mer, où on lui prête bien des ambitions. À deux mois du top départ de la campagne des municipales, les priorités d’un élu déterminé.
Quels petits et grands sujets font le quotidien des Azuréens de la « sixième circo » ? Son député se voit-il, l’an prochain, dans un fauteuil de maire plutôt qu’à l’Assemblée ? Sans brûler les étapes, Bryan Masson dévoile ses priorités dans Nice-Presse Dimanche… et un peu de ses ambitions.
Depuis trois ans, quelles préoccupations les électeurs font-ils remonter au député que vous êtes ?
L’immigration, l’insécurité et l’islam radical sont des sujets majeurs. Nous avons subi des vagues migratoires importantes. Par endroits, dans ma circonscription, la sécurité est catastrophique. Les électeurs sentent bien que le pouvoir actuel ne fait rien pour gérer ces problèmes. À Cagnes-sur-Mer, l’arrivée d’une grande mosquée près du lycée Renoir, soutenue par Louis Nègre par pur électoralisme, est un exemple de ce que les habitants rejettent massivement.
Vous espérez toujours empêcher ce projet de mosquée ?
J’ai saisi la préfecture et le ministère de l’Intérieur pour qu’ils prennent leurs responsabilités. Il y a clairement des liens avec l’islam radical derrière ce projet. La proximité immédiate du lycée Renoir représente un risque évident de prosélytisme. J’aurais préféré un projet culturel ou sportif pour ce secteur étudiant…
Le maire LR de #CagnesSurMer soutient le projet de construction d’une grande mosquée de 750 m² aux abords de deux lycées !
— Bryan Masson (@MassonBryan) January 31, 2025
Pour les Cagnois c’est non. Pour moi c’est non. pic.twitter.com/izENcknm7T
Qu’est-ce qui vous pousserait à envisager un engagement encore plus fort à Cagnes-sur-Mer, comme par exemple la prise de la mairie ? La place de député est pourtant plus confortable…
La ville stagne ! Le centre-ville se meurt, les commerçants sont abandonnés et l’insécurité augmente. Louis Nègre est là depuis trop longtemps, il n’a plus de vision, plus d’ambition. Cagnes-sur-Mer est devenu une ville-dortoir, mal intégrée à la Métropole, où tout est décidé par Nice et Christian Estrosi. Il faut du renouvellement, de nouvelles idées, un nouveau souffle. C’est ce que nous incarnons.
Vous estimez que la Métropole serait un frein au développement de la commune ?
Oui, complètement ! Des maires comme Louis Nègre et Joseph Segura (à Saint-Laurent-du-Var) sont réduits à des rôles de « maires d’arrondissement », soumis et sans poids réel. Ce qui n’est pas le cas de Lionnel Luca, à Villeneuve-Loubet, l’autre grande commune de ma circonscription, qui ne fait pas partie de cette Métropole. Il faut casser cette dynamique et imposer une autre gouvernance, où chaque ville compte réellement.

Le logement est un sujet important : quelles seraient vos propositions pour mieux répondre aux attentes des Cagnois ?
La priorité, c’est de réhabiliter le bâti existant. Beaucoup de logements sont aujourd’hui insalubres et les bailleurs ne font pas leur travail. Il faut un vrai suivi des mairies sur ce point. De plus, il faut arrêter cette « fièvre du béton » qui conduit à construire partout sans réflexion globale. Si on construit, il faut aussi développer des services publics, créer des espaces verts, des crèches, et intégrer des commerces.
Le département était historiquement ancré à droite, avec Les Républicains. Pourquoi ce basculement vers le RN depuis quelques années, selon vous ?
Les électeurs LR en ont eu marre d’être déçus et trahis. Quand Nicolas Sarkozy est arrivé avec ses promesses fortes sur l’immigration ou la sécurité, il ne les a pas tenues. Pire, des élus comme Christian Estrosi ont progressivement dérivé vers un extrême centrisme, éloigné des attentes réelles des habitants. Résultat, les Azuréens ont fait leur deuil des LR. Aujourd’hui, le RN représente mieux ces espoirs, avec des figures locales rassurantes. L’alliance avec Éric Ciotti, par exemple, n’est pas opportuniste mais courageuse, car il assume enfin publiquement ce que beaucoup pensent en privé.
Quel premier bilan tirez-vous depuis que vous avez été élu, en 2022 ?
Ce mandat est unique. Autrefois, un député était en place pour cinq ans, sans interruption. Aujourd’hui, le mandat peut être très éphémère, marqué par une actualité brûlante, que ce soit sur la dette publique, la faillite de nos entreprises, l’insécurité ou encore l’immigration. Face à un gouvernement sans cap clair, sans cohérence, notre travail parlementaire est devenu plus complexe, mais aussi plus crucial. Mon bilan reste positif car nous avons pu, avec le groupe RN, bloquer des lois dangereuses et impulser des mesures positives, notamment contre les dérives immigrationnistes et fiscales.
Quels combats avez-vous personnellement menés ?
J’ai présenté une niche parlementaire sur la suppression des allocations familiales pour les parents de mineurs délinquants et criminels. Ce fut une expérience forte, au cœur de l’hémicycle. En tant que membre de la commission des lois, je mène un travail approfondi sur la police, la justice et l’insécurité.
J’essaie de faire avancer la question des effectifs supplémentaires de la police nationale, la brigade équestre, la rénovation des infrastructures, comme le commissariat de Cagnes-sur-Mer ou la CRS-6 à Saint-Laurent-du-Var. Je travaille sur le classement de la chapelle du Cros-de-Cagnes et sur l’interdiction de la vente d’animaux dans les salons, suite au scandale à l’hippodrome. En clair, je suis pleinement mobilisé pour assurer un lien très direct entre nos besoins locaux et Paris.










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