Figure incontournable du département, Lionnel Luca, maire Les Républicains de Villeneuve-Loubet, dresse un bilan tout en franchise de son mandat. Entre réalisations concrètes et défis à relever, il évoque sans détour les dossiers majeurs qui façonnent le quotidien des Maralpins.
Au-delà de sa ville, l’ancien député (1997-2017) a profité de l’invitation de Nice-Presse Dimanche pour livrer également son regard sur la politique du département, l’avenir des Républicains, et ses convictions de droite, assumées avec toujours autant de vigueur. Rencontre.
Quel bilan tirez-vous de votre mandat à ce stade ? Vos plus grandes satisfactions ?
J’ai toujours la tête dans le guidon avec ce que nous devons finir, et les nouveaux projets à planifier. La fonction de maire vous accapare : chaque jour emmène son lot de soucis, notamment en interne avec près de 500 agents à gérer. Malgré tout, les grands objectifs fixés ont été atteints, comme la gratuité des parkings qui dynamise le commerce local malgré un manque à gagner annuel de 3 millions d’euros. Aujourd’hui, le village revit grâce à cette dynamique et à l’embellissement général que nous avons impulsé.
Quels sont les projets encore à livrer ou à engager d’ici la prochaine élection ?
La rénovation complète du port Marina avec l’arrivée d’un hôtel Hilton 5 étoiles, et la requalification de la RN7, avec notamment deux nouveaux ronds-points pour fluidifier le trafic. Le projet Cap 7, avec les arrivées de Action, ou Grand Frais et un secteur résidentiel diversifié, va transformer ce quartier en espace moderne, agréable et attractif.
Comment Villeneuve-Loubet aborde-t-elle la crise du logement ? Airbnb est-il autant un problème ici qu’ailleurs sur la Côte d’Azur ?
Avec un prix moyen au m² de 6500 euros, nous sommes parmi les villes les plus chères du département. Nous tentons de favoriser le logement pour tous, malgré la contrainte de la loi SRU (qui force la construction de HLM, NDLR).
Airbnb est effectivement problématique : la plateforme retire beaucoup de biens du marché traditionnel. Nous avons mis en place une surtaxe sur les logements vacants pour inciter à la location, mais les propriétaires restent souvent réticents, par peur des impayés ou des dégradations.
Il y a aussi les citoyens qui vendent aux promoteurs. S’ils ne vendent pas, on ne bétonne rien. Ici, certaines vieilles familles m’ont mis devant le fait accompli. Je suis contraient ensuite de donner les droits à construire, sinon ils m’attaquent en justice, et ils gagnent. Alors nous avons instauré des règles : nous discutons avec les promoteurs, mais nous exigeons en contrepartie des conditions précises, notamment en termes de renaturalisation, avec toujours plus d’arbres plantés après qu’avant.

Et la délinquance, chez vous ?
La sécurité est notre priorité absolue. Nous disposons de 40 policiers municipaux et bientôt de 150 caméras de vidéoprotection, renforcées par des bornes d’appel d’urgence. À titre de comparaison, Cagnes-sur-Mer, commune plus de trois fois plus peuplée que la nôtre, va passer de 35 à 40 agents… Nous avons également mis en place des brigades de nuit, et des agents sont présents à la sortie des écoles et dans les jardins d’enfants pour rassurer la population.
Êtes-vous concernés par le narcotrafic ?
Nous avons identifié quelques points de deal ponctuels, notamment autour de la RN7, mais la gendarmerie agit avec efficacité. On l’a vu avec une récente opération très fructueuse.
Êtes-vous candidat à votre propre succession en 2026 ?
(Sourire) Cela semblerait logique, si les Villeneuvois le souhaitent.
Le temps pour une nouvelle génération n’est pas venu ?
Il faut combiner expérience et jeunesse, mais malheureusement, peu de jeunes s’engagent, probablement à cause des responsabilités juridiques importantes. Autour de moi, ce sont surtout des retraités qui s’investissent. Les gens pensent que nous avons du pouvoir, mais en réalité, nous n’avons que des responsabilités.
Quel regard portez-vous sur l’état de votre parti historique, Les Républicains, dans les Alpes-Maritimes ? À Nice, ce sont des proches de Christian Estrosi qui s’échinent à le « faire revivre ».
Ça, c’est le tropisme niçois, mais le département est vaste. Je regrette surtout que Christian Estrosi ait favorisé indirectement l’élection de Bryan Masson (RN) en divisant les voix de droite aux législatives (le maire de Nice avait soutenu un candidat macroniste, NDLR). Ceux qui prétendent combattre l’extrême droite en sont les principaux alliés, puisqu’ils ont fait élire un candidat RN dans une circonscription qui n’avait eu que des députés gaullistes !
Que pensez-vous de l’UDR, le parti créé par Éric Ciotti ?
Je suis gaulliste avant tout. L’union des droites peut être positive si nous la menons, pas si nous devenons des supplétifs d’autres partis.… Mais quand je vois les jeunes du Rassemblement national, comme le député Bryan Masson, pouvez-vous le traiter de fasciste ? Il faudrait être ridicule !
Le RN représente-t-il « l’extrême droite », selon vous ?
Le véritable danger fasciste en France est à gauche, avec La France Insoumise, qui représente une menace bien plus préoccupante pour notre pays. On le voit aujourd’hui à l’Assemblée nationale, avec en plus une figure, Jean-Luc Mélenchon, qui officie comme gourou. Là est la vraie menace, avec une formation qui prend délibérément le parti de l’étranger, systématiquement, sur fond de clientélisme électoral.

On vous pense parfois assez proche du RN. Que répondez-vous à ceux qui le disent depuis des années ?
Ceux qui disent cela sont des cons et des incultes. Je suis simplement gaulliste, attaché aux valeurs de la Nation et mais aussi de la dignité humaine. Tout ce que je peux faire dans la dimension sociale, évidemment, n’intéresse pas ces gens-là.
D’ailleurs, sur l’immigration, vous prônez la régularisation des travailleurs étrangers. Pourquoi ?
C’est du simple bon sens : une personne qui travaille, cotise et s’intègre doit pouvoir être régularisée. Je préfère un étranger honnête à un Français délinquant. Voilà ce qu’est le gaullisme !
Etes-vous réellement différent des députés ciottistes Christelle d’Intorni ou Bernard Chaix ?
Je ne connais pas Bernard Chaix, mais j’apprécie beaucoup Christelle d’Intorni. Je ne partage pas toutes ses positions, mais j’aime la force de ses convictions, sa franchise, et sa personnalité affirmée. C’est aussi pour cela qu’elle a été élue et réélue. En politique, la personnalité compte plus que les étiquettes.
Le président du Département Charles-Ange Ginésy associe élus LR et UDR dans sa majorité. Certains appellent à « faire le ménage ». Et vous ?
Charles-Ange Ginésy fait bien de ne pas mélanger politique locale et nationale. Moi-même, je ne m’intéresse pas au vote politique des élus de ma majorité municipale, tant qu’ils œuvrent pour la commune.
Les tensions dans la Métropole niçoise vous confortent-elles dans votre choix de ne pas y inclure Villenveuve-Loubet ?
Je suis très satisfait de notre communauté d’agglomération Sophia Antipolis dirigée par Jean Leonetti. Un président intelligent, qui respecte et écoute réellement ses maires. Rien ne passe jamais au forceps…
Qu’attendez-vous du nouveau préfet ?
Qu’il soit véritablement le patron de son administration, comme l’était Hugues Moutouh. Sinon, il devra s’attendre à des tensions comme celles que nous avons connues lors du Covid au sujet des masques !










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