Le Comité d’organisation des JO d’hiver 2030 a désigné Vincent Roberti comme nouveau directeur général pour stabiliser une gouvernance marquée par plusieurs démissions. Entre le choix des Pays-Bas pour le patinage de vitesse et les incertitudes sur le hockey à Nice, la carte définitive des sites doit être bouclée avant la fin du mois de juin.
Les bureaux du Comité d’organisation (Cojop) voient enfin arriver un nouveau visage pour occuper le fauteuil de numéro 2. Vincent Roberti, actuel préfet du Tarn-et-Garonne, a été choisi pour reprendre les rênes de l’instance après des mois de turbulences internes.
Cet énarque et ingénieur de formation de 59 ans n’est pas un inconnu des rouages administratifs complexes, ayant exercé ses fonctions en Isère et dans le Rhône. Son arrivée, prévue au cours du mois de juin, doit mettre un terme à la crise déclenchée par le départ de Cyril Linette en février dernier.
Ce changement de direction intervient après une série de démissions en cascade, touchant la direction des opérations, de la communication et le comité des rémunérations. L’État avait d’ailleurs dû diligenter une mission d’inspection pour examiner le fonctionnement de l’instance.
Le nouveau directeur général mesure l’ampleur de la tâche qui l’attend dans les prochaines semaines. « Les prochains mois vont être cruciaux pour poursuivre notre développement, asseoir notre projet ambitieux et entrer concrètement dans la phase de planification opérationnelle et de livraison des Jeux olympiques et paralympiques », a déclaré M. Roberti.
Le patinage de vitesse s’exile à Heerenveen
L’horizon s’éclaircit également pour l’anneau de glace, mais loin des sommets alpins. Les organisateurs sont entrés en discussions exclusives avec le site de Heerenveen, aux Pays-Bas, pour accueillir les épreuves de patinage de vitesse.
La France avait dès le départ tranché : aucune infrastructure de ce type, inexistante sur le territoire national pour la longue piste, ne sera construite pour l’événement. Le choix néerlandais l’emporte ainsi sur l’ovale de Turin, en Italie, qui était également sur les rangs.
Pour Ludovic Royé, directeur technique national de la Fédération française de roller et skateboard, ce choix est celui de l’excellence technique. « Bien entendu, on aurait préféré pouvoir réaliser cette épreuve en France », reconnaît-il, tout en ajoutant qu’« il n’y a pas photo entre l’Italie et les Pays-Bas, ces derniers sont l’option la plus sérieuse à explorer, et ce sont les meilleurs du monde ».
Cette décision confirme la stratégie de sobriété du projet Alpes 2030, privilégiant l’utilisation d’équipements existants à l’étranger plutôt que des constructions coûteuses et éphémères.
Le casse-tête du hockey et le refus de Nice
JO d’hiver 2030. Épreuves, nouveaux équipements, village olympique… Ce que Nice conserve (et ce qu’elle va perdre) https://t.co/hmKuUvwvuA
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Le dossier le plus brûlant reste cependant celui du hockey sur glace masculin. Si Nice devait initialement accueillir l’ensemble du pôle glace, la position du nouveau maire Eric Ciotti a bousculé les plans initiaux du comité d’organisation.
Le refus de la municipalité d’accueillir le tournoi masculin au sein de l’Allianz Riviera force le Cojop à chercher des solutions de repli en urgence. Les regards se tournent désormais vers la LDLC Arena de Lyon ou l’Accor Arena de Paris pour sauver cette épreuve majeure.
L’enjeu n’est pas seulement sportif, il est massivement financier. Selon un rapport de l’Inspection générale publié au printemps 2025, le hockey représente à lui seul environ 31 % des recettes nationales attendues pour ces Jeux olympiques.
Le calendrier est désormais compté. Outre le hockey, la répartition du ski alpin entre Courchevel, Val d’Isère et Méribel ainsi que les sites paralympiques doivent être validés. Une présentation globale de la carte des sites est attendue à la fin du mois de juin pour une validation par le CIO.
Ce qui est important
- La nomination de Vincent Roberti doit mettre fin à une crise de gouvernance qui paralysait le comité d’organisation depuis février.
- L’exil du patinage de vitesse aux Pays-Bas confirme la volonté de ne pas construire de nouveaux équipements lourds en France.
- Le sort du hockey masculin, représentant un tiers des recettes des Jeux, dépend d’un arbitrage imminent entre Lyon et Paris après le blocage niçois.
Nice-Presse avec agence



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