Les éditions d’information annulées dans tout le Sud-Est : les antennes de BFM Nice Côte d’Azur, Toulon Var, Dici et Marseille Provence sont paralysées par une grève entamée mercredi et prolongée jusqu’à dimanche soir. Près de 80 salariés s’opposent fermement au projet de vente de leurs chaînes locales par le groupe CMA Media.
Depuis la fin d’après-midi de mercredi, la grogne sociale empêche la tenue normale des programmes de proximité. Sur les 130 collaborateurs que comptent les rédactions décentralisées, 80 professionnels ont choisi de cesser le travail durant toute la journée de jeudi.
La mobilisation initiée s’inscrit dans la durée. Jeudi, à la suite d’une réunion décisive, les représentants des syndicats SNJ et CGT du groupe RMC BFM ont appelé à maintenir la pression.
Le préavis court désormais « jusqu’à dimanche soir minuit ». Les salariés ont fait ce choix après avoir « massivement exprimé (leur) envie de continuer le mouvement », selon les termes exacts employés dans leur communiqué.
La paralysie concerne l’ensemble du maillage territorial. Les équipes de Nice Côte d’Azur, Toulon Var, Dici (Alpes du Sud et Haute-Provence) et Marseille Provence sont à l’arrêt, tout comme celles de Lyon, Grand Lille, Grand Littoral, Alsace et Normandie.
Un projet de cession pour des raisons financières

Cette colère fait suite aux annonces formulées ce mercredi par CMA Media, la structure qui détient notamment BFMTV, RMC, La Tribune et le média en ligne Brut. L’entreprise souhaite se séparer de son pôle local.
La maison mère, propriété de l’armateur CMA CGM et placée sous la direction du milliardaire Rodolphe Saadé, justifie cette volonté de revente par la nécessité de faire des économies. Le contexte du secteur est décrit comme difficile.
La stratégie de la direction prend la forme d’un plan visant à dégager 20 millions d’euros, une somme qui représente 5% des coûts globaux de la structure.
La directrice générale de CMA Media, Claire Léost, a défendu mercredi à l’AFP cette recherche de liquidités : « Nous avons besoin de réduire nos coûts sur nos métiers traditionnels (coûts de production, de grille, coûts techniques et de diffusion, ndlr) pour investir dans les nouveaux segments comme le sport, les créateurs de contenu, les réseaux sociaux ».
Ouverture d’un plan de départs volontaires
Les répercussions du projet de réduction des frais généraux dépassent le cadre exclusif des filiales régionales. Un dispositif de départs volontaires va prochainement voir le jour au sein des effectifs de RMC BFM.
Le calendrier juridique et social est déjà fixé par la direction. Les procédures formelles d’information et de consultation des représentants du personnel s’ouvriront à la fin du mois d’août.
L’incertitude gagne toutes les strates de l’entreprise. Vendredi, c’est la Société des journalistes (SDJ) de BFMTV qui est montée au créneau pour partager son « inquiétude quant à l’avenir de la chaîne ».
Les membres de la rédaction exigent de leur direction « une vision à moyen terme plutôt qu’une succession de plans d’économies ».
Le recrutement de Sonia Mabrouk pointé du doigt
Dans ce climat de rigueur imposée, certains choix d’investissement suscitent de vives réactions. Les journalistes relèvent une dissonance majeure entre les coupes budgétaires exigées et le récent mercato télévisuel.
La SDJ de BFMTV n’hésite pas à interpeller ses dirigeants sur ces investissements : « L’argent ne semble pas être un problème lorsqu’il s’agit de recruter une personnalité à plusieurs dizaines de milliers d’euros comme Sonia Mabrouk ». L’arrivée de l’intervieweuse politique focalise l’attention en interne. Transfuge venue de la chaîne rivale CNews, la journaliste doit faire son apparition sur la grille de BFMTV à la fin du mois d’août.
Nice-Presse avec agence






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