Municipales 2026 - À Avignon, la maire socialiste Cécile Helle ne se représente pas, ouvrant la voie à de nombreux scénarios pour les municipales. Les candidats disent vouloir mener campagne sur les enjeux locaux, mais la polémique autour du député LFI Raphaël Arnault s’invite dans la bataille…
Dans une ville où l’élection s’annonçait déjà très ouverte, un autre sujet s’impose dans les discussions. L’impact de la mort du militant nationaliste Quentin Deranque à Lyon, dans laquelle est impliqué le mouvement antifasciste la Jeune Garde, fondée par le député LFI Raphaël Arnault, est évoqué par les équipes en campagne à Avignon.
Une proche de la candidate RN Anne-Sophie Rigault résume l’atmosphère ainsi : « C’est un chaos, on ne peut pas dire autrement », tout en assurant qu’à Avignon « on n’a pas de souci majeur ». Raphaël Arnault, originaire de Lyon, a été parachuté à Avignon par LFI aux dernières législatives.
La campagne locale rattrapée par la polémique
Candidat surprise des municipales, l’ex-journaliste télé Olivier Galzi (sans étiquette) a appelé sur les réseaux sociaux Raphaël Arnault à démissionner, estimant que « son titre de député d’Avignon déshonore la République et notre ville ».
De son côté, la candidate insoumise Mathilde Louvain affirme que les collaborateurs du député, actuellement en garde à vue dans l’enquête sur la mort de Quentin Deranque, « ne sont pas des personnes de LFI » et « ne participent pas à la campagne municipale ».
Mathilde Louvain dit aussi faire face à des « menaces de mort et intimidations » depuis l’affaire lyonnaise. Elle s’inquiète également de l’appel du RN, samedi, à un rassemblement devant le Palais des Papes en hommage à Quentin Deranque.
LFI en tête des derniers scrutins à Avignon
Capitale d’un département où les lepénistes ont remporté quatre des cinq sièges de député, Avignon, ville de près de 100.000 habitants dirigée depuis douze ans par la socialiste Cécile Helle, fait figure d’exception. Mais le PS s’y est fait distancer à gauche, et LFI est arrivée en tête des trois derniers scrutins nationaux à Avignon.
Raphaël Arnault y avait ainsi devancé au premier tour des législatives un candidat PS dissident. Pour les municipales, Mathilde Louvain, trentenaire chargée des publics dans un théâtre jeunesse, a élargi sa liste à une « union populaire » avec le soutien des communistes, de Générations et d’une partie des Ecologistes.
Elle met en avant un programme très social, dans une ville où le taux de pauvreté s’envole à plus du double de la moyenne nationale.
Face à elle, le socialiste David Fournier, adjoint de Cécile Helle, veut « assumer l’entièreté du bilan » des deux mandats de la maire sortante. Il cite notamment la municipalisation des cantines scolaires avec des repas à 1 euro, l’instauration de la gratuité des musées et des garderies, et promet de créer « une sécurité sociale alimentaire et des corbeilles solidaires pour les étudiants ».
Circulation et sécurité au cœur des attaques
Parmi l’« héritage » attribué à Cécile Helle, ses adversaires fustigent la « guerre aux automobilistes » menée par sa municipalité, provoquant selon eux des embouteillages monstres dans le centre. Les habitants d’Avignon subissent aussi le passage de poids-lourds sur la rocade, que la maire sortante n’a pas réussi à interdire.
Le candidat divers droite Stephan Fiori envisage même un tunnel sous cette rocade, selon le quotidien régional La Provence.
Surtout, la gauche a laissé « une ville morte, des rues vides », assure Anne-Sophie Rigault (RN), donnée favorite des sondages pour le premier tour, créditée de 22% d’intentions de vote en décembre. « Il n’y a pas un seul quartier qui n’est pas en proie à la délinquance ou aux narco-trafiquants », ajoute-t-elle, en promettant de doubler les effectifs de la police municipale et de remettre les agents « sur le terrain ».
La candidate RN n’est pas seule à miser sur la sécurité, dans une ville marquée par le meurtre en 2021 d’un policier en plein jour par un dealer de 19 ans. Olivier Galzi, revenu à Avignon comme entrepreneur après sa carrière journalistique, veut restaurer l’attractivité de la ville et estime que cela passe par « la sécurité et la propreté ».
Il dit croire au « potentiel absolument incroyable » de sa ville natale : « Avignon c’est une marque mondiale ». Sa méthode, pour ce candidat « sans étiquette » taxé de « macroniste » par ses rivaux, repose sur « Des choses simples » : élaguer les arbres qui gênent les caméras de vidéosurveillance, ou une police municipale « directement rattachée au cabinet du maire ».
Ce qui est important
- La maire sortante ne se représente pas, ce qui ouvre une campagne très ouverte à Avignon : gauche divisée, RN et candidatures hors partis.
- La polémique autour du député LFI Raphaël Arnault s’invite dans la bataille municipale, avec des prises de position publiques et des tensions autour d’un rassemblement annoncé devant le Palais des Papes.
- Circulation et sécurité dominent déjà les échanges, sur fond de critiques du bilan local, d’un sondage donnant 22% à Anne-Sophie Rigault en décembre, et de promesses concurrentes sur la police municipale et l’attractivité.
Municipales 2026, qui sont les candidats déclarés à Nice ?
- Christian Estrosi (Les Républicains-Horizons)
- Éric Ciotti (UDR-Rassemblement national)
- Juliette Chesnel-Le Roux (Socialistes, communistes, Verts)
- Mireille Damiano (La France Insoumise, Viva)
- Nathalie Dloussky (EGF, souverainiste)
- Céline Forjonnel (Démocratie directe)
- Hélène Granouillac (Écologiste indépendante)
- Cédric Vella (Reconquête, extrême droite)










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