La justice administrative décidera mi-juillet du sort d’une imposante statue de Jeanne d’Arc érigée à Nice. L’œuvre, installée à l’automne 2024 devant l’église Sainte-Jeanne-d’Arc, est devenue un sujet de tension, mêlant débats politiques, respect des règles de commande publique et symbolique politique…
Installée au-dessus d’un nouveau parking souterrain, la statue a été commandée par la régie publique Parcs d’Azur à l’Atelier Missor. Son coût : 170.000 euros. La sculpture représente Jeanne en armure, à cheval, tenant une épée par la lame, un geste interprété différemment selon les sensibilités.
Mais le tribunal administratif de Nice a annulé la commande en janvier 2025 pour « non-respect du code de la commande publique ». Il a jugé que la régie ne pouvait justifier l’absence de mise en concurrence, estimant que l’artiste choisi n’était pas le seul capable de réaliser une telle effigie (l’avocat de RPA avait livré son analyse, tout à fait opposée, dans nos colonnes le 31 janvier dernier).
La cagnotte populaire pourrait sauver la statue
L’affaire a immédiatement pris une tournure politique. La gauche locale critique une commande jugée idéologique, portée par Gaël Nofri, président de Parcs d’Azur et adjoint au maire. L’extrême droite, elle, s’est appropriée la statue comme symbole identitaire.
« Je ne céderai rien », a affirmé à plusieurs reprises le maire, Christian Estrosi. Ce qu’il a rappelé jeudi 3 juillet depuis un rassemblement donné sur la colline de Cimiez : « je le dis à ceux qui veulent s’en prendre à elle, qui espèrent la faire tomber : il va falloir y aller fort parce que je vous promets qu’elle restera où elle est !»
Quant à l’artiste Missor, il dénonce sur les réseaux sociaux « la bureaucratie et ses alliés culturels ».
La cour administrative d’appel de Marseille a été saisie par la régie et l’artiste. L’avocate de l’atelier, Me Carine Chaix, argue que l’œuvre est unique et relève du champ de l’expression artistique, ce qui justifierait la dérogation à la mise en concurrence.
En cas de confirmation de l’annulation, une cagnotte lancée en janvier pour racheter la statue (aujourd’hui à 52.000 euros) pourrait être réactivée. L’œuvre resterait en place, financée par des soutiens privés.
Avec AFP



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