Entre patrimoine historique, nouveaux projets et attractivité touristique, le dirigeant emblématique de l’hôtel et de la plage Beau Rivage dévoile ses ambitions, et analyse la dynamique de la ville.
- Vive les esprits libres ! Lisez la première édition de Nice-Presse Dimanche !
Malgré les quelques nuages qui se sont invités dans le ciel azuréen et sont venus obscurcir les vagues, Antoine Attia a reçu Nice-Presse Dimanche autour d’un café sur l’une des tables hautes de sa plage privée, encore en plein montage à l’approche des beaux jours. L’heure est aux grandes manoeuvres avant la saison. Entretien.
L’Hôtel Beau Rivage incarne une certaine idée de Nice, parlez-nous de son âme…
C’est avant tout un hôtel chargé d’histoire. Construit en 1880, à l’époque du tourisme hivernal, le Beau Rivage a vu défiler de nombreux artistes comme Matisse, mais aussi des aristocrates et, plus récemment, beaucoup d’acteurs. On y réalise souvent des films : Isabelle Adjani a tourné sur la plage, Jean Dujardin est venu pour « 99 francs » avec Frédéric Beigbeder. L’hôtel a été entièrement rénové en 2004 par Jean-Michel Wilmotte, qui lui a donné un style épuré, design et contemporain, tout en conservant l’esprit niçois.
Quels sont vos grands projets en cours ?
Historiquement, le Beau Rivage donnait directement sur la Promenade des Anglais. Mais en 1987, un architecte a choisi de diviser l’hôtel en deux parties et de revendre toute la façade côté mer en appartements. Aujourd’hui, nous faisons exactement l’inverse. Nous rachetons petit à petit ces appartements pour retrouver, un jour, la façade historique et lui redonner sa grandeur, avec une entrée sur la Promenade des Anglais. C’est notre rêve (sourire). Aujourd’hui, nous disposons de 114 chambres, alors qu’à l’origine, il y en avait plus de 180.
Et pour la plage privée ?
Chaque année, nous devons renouveler beaucoup de matériel à cause des contraintes climatiques. Nous allons innover en créant un carré VIP : 80 matelas plus larges, avec des têtières confortables, des pare-soleil, un accueil spécifique et un service personnalisé, sans aucune file d’attente.
On parle beaucoup de lisser le tourisme toute l’année sur la Côte d’Azur. Qu’en pensez-vous ?
Ces quinze dernières années, grâce à la municipalité, Nice a connu une nette amélioration sur ce point. D’abord, la sécurité, qui a beaucoup progressé : avant, il y avait beaucoup d’agressions ou de vols, aujourd’hui, la ville est sûre.
Ensuite, les nombreux investissements réalisés, la rénovation de la Prom, le développement du tramway, la Coulée verte ou la place Garibaldi, ont rendu la cité plus attractive, aussi bien pour les touristes que pour les Niçois. Le classement à l’UNESCO renforce encore tout cela. Nous sommes l’une des meilleures destinations internationales, toute l’année.
La haute saison approche à grands pas. L’abordez-vous avec confiance, ou avec prudence ?
Avec confiance, mais aussi vigilance, car le tourisme est un secteur fragile. Les événements internationaux, comme la guerre en Ukraine ou les politiques américaines, peuvent rapidement influencer notre activité.
Pour l’instant, les réservations sont aussi bonnes que l’année dernière, avec un taux d’occupation de 95% de juin à septembre. Désormais, la saison se prolonge davantage, jusque fin octobre. Nice fonctionne vraiment à pleine vitesse huit mois dans l’année, ce qui est remarquable pour une ville touristique. Notre taux d’occupation annuel atteint environ 78%. C’est un excellent indicateur.
Votre clientèle a-t-elle évolué ces dernières années ?
Nous constatons un retour massif des Américains depuis trois ans. Les Britanniques sont toujours présents malgré le Brexit, et nous accueillons aussi beaucoup plus de Français qu’avant le Covid, qui redécouvrent leur pays. Sans oublier les Européens, notamment les Scandinaves, en hiver.
Le Groupe 3A Hôtels La Collection, où vous siégez, possède deux autres hôtels à Nice. Comment ne pas se faire concurrence ?
Le West End, sur la Promenade des Anglais, a un style Belle Époque, avec un service 5 étoiles très soigné, et accueille surtout des retraités américains et anglais.
L’Aston, situé en plein cœur de ville, face à la coulée verte, est plus grand, très bien équipé pour les séminaires, et dispose d’un toit-terrasse avec piscine. Sa clientèle est plus jeune, française, très tournée vers les affaires.
Enfin, le Beau Rivage a un positionnement plus contemporain et haut de gamme, avec une clientèle de loisirs, européenne, âgée d’environ 50 ans. Ils sont totalement complémentaires.





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