Le Mucem à Marseille explore les liens entre astronomie et culture méditerranéenne à travers une exposition fascinante, où le passé éclaire notre ciel d’aujourd’hui.
Depuis mercredi, le Mucem propose à Marseille une plongée dans les mystères célestes avec l’exposition « Lire le ciel, sous les étoiles en Méditerranée », visible jusqu’au 5 janvier. Un voyage dans le temps et l’espace, des premières observations antiques aux problématiques contemporaines de pollution lumineuse, où se côtoient sextants, globes anciens et œuvres d’art exceptionnelles.
Traversée historique entre science et cultures
Organisée de manière chronologique, l’exposition met en lumière la transmission des savoirs entre civilisations. Du monde grec au monde arabo-musulman, les connaissances astronomiques ont circulé, se sont enrichies et ont forgé une véritable culture du ciel en Méditerranée.
“Toute une culture du ciel va naître en Méditerranée, fruit de métissages, de diffusions des savoirs, d’allers-retours entre les rives”, explique Enguerrand Lascols, l’un des commissaires de l’exposition.
Le chef-d’œuvre de Vermeer au cœur du parcours
Pièce maîtresse de l’exposition, « L’Astronome » de Johannes Vermeer, prêté par le musée du Louvre, attire tous les regards. Le tableau, daté de 1668, représente un homme observant un « astrolabe persan », un symbole fort de l’héritage arabo-musulman dans le développement de l’astronomie.
“Cela vient témoigner de l’héritage du monde arabo-musulman dans le monde de l’astronomie”, insiste Enguerrand Lascols. Ce tableau est l’une des deux seules œuvres de Vermeer conservées en France. “On connaît une trentaine d’œuvres de lui dans le monde”, rappelle le commissaire.
Des objets rares et précieux à découvrir
Aux côtés du chef-d’œuvre flamand, les visiteurs peuvent admirer un globe céleste en argent, d’à peine six centimètres de diamètre. “Un objet très petit, mais très très précieux”, souligne Juliette Bessette, autre commissaire de l’exposition.
Ce globe pourrait bien être la plus ancienne représentation connue des constellations sur un support sphérique. Une pièce remarquable parmi d’autres, qui témoigne de la finesse des instruments anciens et de la passion humaine pour le cosmos.
Quand la science transforme la vision du ciel
L’exposition retrace aussi les grandes étapes scientifiques, comme l’invention de la lunette astronomique. Elle marque un tournant dans la perception de l’univers observable.
“À l’œil nu, on peut voir 3.000 étoiles, et avec une lunette, on arrive à en voir une infinité d’autres”, explique Enguerrand Lascols. Ces progrès ont profondément modifié la conception que les humains se faisaient du cosmos.
Astrologie, arts divinatoires et récits intimes
L’exposition s’intéresse aussi aux dimensions symboliques et spirituelles du ciel. Une reconstitution grandeur nature du cabinet du mage Belline replonge les visiteurs dans les années 1970. Ce médium parisien avait notamment prédit la mort de Marilyn Monroe.
En parallèle, des témoignages vidéo viennent enrichir le parcours. Une navigatrice, un berger ou une vigneronne racontent leur lien personnel et quotidien avec les astres. Une manière contemporaine d’incarner cette fascination intemporelle pour le ciel.
Un Nobel pour clore ce voyage interstellaire
Dans le cadre de cette exposition, le prix Nobel de physique Didier Queloz donnera une conférence le 6 octobre. L’occasion de revenir sur sa découverte majeure : la première exoplanète, révélée il y a trente ans. Une rencontre prestigieuse pour célébrer les liens entre science, histoire et imaginaire céleste.
Avec AFP










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