À Nice, la majorité présidentielle accuse les médias d’avoir « obéi à l’extrême droite » en annulant deux débats télévisés. C’est en fait la conséquence d’une volonté de la candidate LR-RN de ne pas se rendre à ces émissions.
Il y a de l’orage dans l’air du côté de la cinquième circonscription maralpine. En ce moment, les différents médias niçois, dans chacun des secteurs, mettent sur pied les traditionnels débats télévisés entre candidats. Là où ça coince, c’est dans la Plaine du Var. L’ex-députée Christelle d’Intorni - étiquetée Les Républicains et soutenue par le Rassemblement national - refuse de s’y rendre.
BFM Nice Côte d’Azur, parmi les antennes qui projetaient d’organiser ces échanges, a choisi de renoncer pour ce qui est de la 5e circonscription, nos confrères estimant que cela n’aurait pas de sens en l’absence de la sortante. Même s’ils regrettent « une décision qui nuit à l’exercice démocratique ».
De son côté, France 3 nous indique avoir opté pour la sixième circonscription plutôt que pour la cinquième, « pour des raisons d’intérêt éditorial ». Tous les secteurs « feront l’objet d’un reportage de présentation, avec leurs enjeux » précise le rédacteur-en-chef.
« Ce précédent est d’une gravité extrême »
« J’aurais souhaité que les rédactions fassent le choix de maintenir les débats avec les candidats courageux et démocrates » note Gaël Nofri, candidat de la majorité présidentielle, dans un communiqué transmis ce jeudi 20 juin.
« En annulant purement et simplement (ces émissions) à la demande exclusive de l’extrême droite, les médias participent à une remise en cause préoccupante de la démocratie, et flouent les électeurs de notre circonscription ».
« Ce précédent est d’une gravité extrême et tous les démocrates qui sont attachés aux débats d’idées devraient s’en inquiéter ». Conséquence de quoi, cet adjoint au maire Nice indique avoir saisi « immédiatement » à ce sujet l’Arcom, l’Autorité de régulation du secteur. « La nécessité d’une presse libre et indépendante est un prérequis essentiel à la vie politique de notre pays ».

La saisine concerne la déclinaison azuréenne de BFM, mais aussi le bureau de France 3. Des médias locaux qui n’ont pas grand chose à craindre du gendarme de l’audiovisuel pour deux raisons : le temps de parole doit être respecté, mais chaque support décide souverainement de la couverture mobilisée pour la campagne : les débats ne sont imposés à personne. Deuxièmement, le caractère extrêmement précipité de ces scrutins incite l’Arcom à une mansuétude particulière à l’égard des journalistes.
L’ambiance se tend chaque jour davantage entre les deux candidats. Mercredi, Christelle d’Intorni annonçait avoir saisi la justice au sujet de SMS envoyés aux électeurs et annonçant à tort son exclusion des Républicains. Textos dont elle soupçonne le camp adverse d’être à l’origine.





Commentez l'actualité
Vous ne pouvez plus réagir 20 jours après la publication de l'article. Les contenus insultants ou diffamatoires ne seront pas autorisés, idem pour la publicité et les liens web. En cas de problème ou de contenu illicite, contactez-nous.