Un collectif de femmes azuréennes, pour beaucoup responsables d’associations, signent une tribune appelant les électeurs à « faire barrage » à Christelle d’Intorni, députée niçoise depuis deux ans et candidate à sa réélection.
« Chaque femme doit comprendre que voter pour elle représente un danger ». L’avocate Frédérique Grégoire-Concas est à l’origine d’une lettre ouverte appelant les maralpins à ne pas voter pour la députée sortante de la cinquième circonscription des Alpes-Maritimes, comprenant Nice-Ouest et les vallées. D’après elle, l’élue proche d’Eric Ciotti, encartée chez Les Républicains et soutenue par le Rassemblement national « a pris des positions hostiles aux droits des femmes ces dernières années ».
Frédérique Grégoire-Concas, présidente de la Fédération régionale des centres d’informations sur les droits des femmes et des familles de Paca, dit agir « en tant que féministe et citoyenne », même si le CIDFF s’oppose aussi à Jordan Bardella.
« Le danger, c’est maintenant. Nous appelons à ne pas voter pour elle, sans soutenir aucun autre candidat en particulier ». Elle tient aussi à préciser qu’elle est « indépendante » des positions de son mari, lui-même adjoint au maire, collègue de fait de Gaël Nofri, le principal adversaire de Christelle d’Intorni.
« Risque de recul des droits »
Voici la lettre ouverte, suivie de la liste des signataires, et d’une réponse de Christelle d’Intorni
« Dans l’histoire du féminisme, on retiendra les noms d’Olympe de Gouges, Hubertine Auclert, Simone de Beauvoir ou encore Simone Veil, mais pas le vôtre, Christelle d’Intorni. Vous ne cessez pourtant de vous présenter comme femme, mère de jeunes enfants et ardente avocate de l’égalité entre les hommes et les femmes. Mais comme d’habitude, vous dites une chose et faites le contraire. »
« À part vous, quelle féministe autoproclamée voterait CONTRE la constitutionnalisation de l’interruption volontaire de grossesse ? À part vous, quelle féministe autoproclamée s’allierait au Rassemblement national ? Un parti dont le programme ne dit rien des femmes, sauf pour parler de natalité. Un parti qui au fond considère que la place des femmes est au foyer, auprès de leurs enfants. Un parti qui a voté CONTRE toutes les initiatives récentes sur le sujet. »
« Personne n’est dupe : côté face, il y a les déclarations rassurantes ; côté pile, il y a la réalité de ces votes. Comme ailleurs en Europe, l’arrivée au pouvoir de ce genre de partis se traduira par un recul des droits des femmes et vous en aurez été la complice. Que vous vous ralliez au Rassemblement national n’est que la dernière de vos trahisons contre les femmes. Les femmes pour vous ne sont pas une cause à défendre, mais un prétexte pour grappiller quelques voix ou pour vous faire passer pour une victime. »
« Il y a quelque chose d’indécent et de profondément choquant à vous voir si souvent brandir ce féminisme que vous combattez en réalité. Rien de nouveau hélas : être une femme n’a jamais été une garantie de féminisme, bien au contraire. Les femmes méritent mieux que des opportunistes, mieux que du carriérisme, mieux que d’être utilisées une fois encore pour des buts personnels. Les femmes ont besoin qu’on les aide, pas qu’on les instrumentalise. »
Pat Shereen AGLAE, scénariste de séries, créatrice d’entreprise • Crescence ABOUGOU, présidente du directoire de la Centrale Capillaire • Moline NYETAM, présidente de l’association Pluri’elles • Rose FALL, trésorière de l’association Pluri’elles • Cécile CERVI, assistante de gestion • Zineb DOULFIKAR, assistante sociale chez Chibanis 06 • Marie COLOMB, conseillère chez Pôle emploi • Liliane IMBERT, ancienne présidente de France Alzheimer 06 • Maty DIOUF, adjointe au maire de Nice déléguée à la lutte contre les discriminations et aux droits des femmes • Katherine FLEURY, présidente du Soroptimist 06 • Sabrina TERRICHE, ancienne présidente d’une association de l’Ariane • Odile MONACO, avocate au barreau de Nice • Marie-Pierre LAZARD, élue déléguée au conseil des droits et devoirs des enfants et au label ville amie des enfants, avocate du barreau de Nice • Christiane BONDOUX, retraitée • Fanny RAYBAUD, illustratrice • Dr Zahera ETTER, pédiatre • Nicole HENRY, association Une voix pour elles • José PACINI, association Allô, Info, Médiation, Ecoute • Rose MBA K AMAGNE, avocate au barreau de Nice • Dr Corinne SICARD, médecin généraliste • Sonia DUTIL-BUCA, police nationale • Halimé EZZEDDINE, travailleuse indépendante • Aurélie BERTRAND, conseillère bancaire • Frédérique Grégoire-Concas, présidente du CIDFF Paca, avocate au barreau de Nice.
Droit de réponse légal de Christelle d’Intorni
« Je suis choquée de la teneur de tribune publiée à l’initiative de Madame Frédérique GREGOIRE présidente de l’association FR CIDF. Cette publication diffamante est surtout remplie de mensonges et d’approximations. Cela s’explique certainement par le fait que l’instigatrice de cette lettre se trouve être l’épouse et l’associée de Maître CONCAS, élu siégeant au sein de la majorité municipale de Monsieur ESTROSI, lequel d’ailleurs, finance l’association FR CIDF au moyen de subvention en sa qualité de président délégué de la Région. L’instrumentalisation d’associations apolitiques supposées défendre le droit des femmes est aussi choquante qu’illégale. Sur le fond je déplore l’insincérité des propos contenus dans cette propagande estrosiste. Je suis la député sortante Les Républicains. Mes convictions et mes idées sont aux LR et je n’ai pas changé. Maître GREGOIRE qui est pourtant avocate me reproche d’avoir voté contre l’inscription de l’IVG dans la constitution. Par opportunisme politique elle clame que je serai contre l’IVG. Mais quelle bêtise affligeante surtout venant d’une avocate. De tels raccourcis démontrent une véritable faiblesse intellectuelle. Je suis viscéralement pour l’IVG. Je l’ai toujours clamé haut et fort. Je me suis opposée à cette inscription justement parce que ce n’était qu’une vulgaire instrumentalisation du droit des femmes à des fins de communications au profit d’Emmanuel Macron. L’IVG n’est absolument pas menacée car elle est protégée par le bloc de constitutionnalité, ce qui lui confère la même valeur que la constitution. Je rappelle à mes détracteurs que l’abolition de la peine de mort a été mise en œuvre par une simple loi organique et n’est pas constitutionnalisée. C’est parce que je suis une juriste et que j’attache une grande importance à notre droit et à la valeur de notre constitution que j’estime que ce texte fondateur n’est pas un catalogue de droits sociaux. Je regrette donc qu’on instrumentalise, avec tant de mauvaise foi le sujet. Il est regrettable que ce collectif de femmes instrumentalisées n’ait pas pris la peine de prendre connaissance de mon travail législatif avant de me critiquer. J’ai été aux côtés des femmes victimes de cancer du sein et j’ai porté une meilleure prise en charge cette maladie. J’ai proposé que les prothèses de reconstructions soient remboursées, que les tatouages esthétiques qui permettent aux femmes de retrouver une dignité et une féminité soient pris en charge. Je me suis battue pour que la sécurité sociale prenne en charge plus d’un soutien-gorge compressif pour aider ces femmes victimes et leur rendre du pouvoir d’achat. Parce que je refuse que les femmes aient à choisir entre leur profession et leur désir d’être mère, j’ai déposé une proposition de loi destinée à relancer la natalité en accordant aux femmes actives des crédits d’impôts correspondant à 50% des dépenses occasionnées par l’arrivée de leurs enfants. Parce que je trouve cela inadmissible que les femmes enceintes soient livrées à elles-mêmes lors de leur premier trimestre de grossesse j’ai déposé une proposition de loi dans laquelle je demande un remboursement intégral de tous les actes médicaux du 1er trimestre, j’ai proposé de leur accorder un droit au télétravail pour prendre en compte la fatigue excessive de celles qui conçoivent la vie. Je pose la question à ce collectif de façade : quelle femme parlementaire en a fait autant pour la condition des femmes en deux années seulement ? J’en conclus que je suis bien la seule féministe de l’histoire.»



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