- Vous lisez un épisode de “Le Vieux-Nice, l’âme de la cité”, l’un des dossiers de Nos Quartiers, la nouvelle rubrique gratuite de Nice-Presse.
Issu d’une famille de maraîchers, ce fleuriste de 67 ans est l’un des visages les plus connus du Vieux-Nice. Il a d’ailleurs lui-même réussi à transmettre cette passion viscérale à ses deux enfants, qui l’accompagnent sur le cours Saleya.
« La retraite ? Malheur ! Qu’est-ce que vous voulez que je fasse de mes journées ? Je vais m’ennuyer, souffle-t-il, un opinel à la main pour fendre l’extrémité des tiges de ses hortensias. Je fais ça pour bien les faire boire. Je ne peux pas vivre sans les fleurs. C’est devenu ma passion, ça me plaît, ça me suffit, je n’ai besoin de rien d’autre pour être heureux. »
Depuis près de cinquante ans, Jean-Patrice Mege anime le cours Saleya. Dès l’âge de 12 ans, il accompagnait son père sur le marché, les jeudis après-midi, quand il n’était pas à l’école. Une habitude devenue une vocation, puis une raison de vivre.
« Je me lève tous les jours à 4 heures et je termine mes journées à 20 heures. Quand on aime, on ne compte pas. À mon âge, le corps a besoin d’être sollicité et stimulé. Et puis j’ai la chance de travailler avec mes enfants, ça n’a pas de prix. »
Famille soudée
Mandy et Clément Mege n’étaient pas disposés à reprendre l’affaire familiale. Et pourtant ! Eux non plus ne peuvent désormais plus s’en passer. « J’ai longtemps travaillé dans des bureaux et j’en ai rapidement eu marre, confie Mandy, présente auprès de son père et de son frère depuis quatre ans. Le cadre, l’ambiance, les fleurs, le fait d’être dehors, je suis comblée, même si c’est assez éreintant. »

D’abord vitrier, Clément n’y a pas échappé, lui non plus. « Au début, j’ai pris sa proposition à la rigolade. Mais ça fait déjà quinze ans qu’il est là. » Et qu’il ne regrette rien. « Nous sommes attachés à notre liberté, lance-t-il, quelques minutes avant d’aller effectuer une livraison à Cagnes-sur-Mer pour achever sa longue journée. Le rythme est soutenu, mais avec ma sœur, on est heureux d’être tous ensemble. »
Clients comblés
Pour le plus grand bonheur des locaux, qui ne se sont jamais détournés du stand des Mege, considéré comme l’un des plus majestueux du cours Saleya, avec sa grande diversité de fleurs aux couleurs infinies.
« J’adore venir ici au moins une fois par semaine, nous lance une habituée au milieu des géraniums, miscanthus, pivoines, roses et autres tournesols. Je repars toujours avec un bouquet ou une composition florale différente. Jean-Patrice est adorable, avec son sourire et sa bonhomie. Et ses enfants aussi !»

Né à Antibes et installé dans une maison du côté de Biot, Jean-Patrice Mege n’a jamais quitté l’Ouest du département. Mais c’est bien dans les ruelles pittoresques du Vieux-Nice qu’il retrouve chaque matin ses clients, devenus pour certains « des amis », avec le temps. « Le contact avec les gens, le relationnel, c’est aussi la base de notre métier de fleuriste. Cette proximité, il faut tout faire pour qu’elle perdure. » Une chose est sûre, lui n’est en tout cas pas prêt de s’arrêter !










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