Une distribution de fournitures scolaires prévue samedi dans le quartier défavorisé de Fourchevieilles, à Orange (Vaucluse), a été interdite par la préfecture. L’opération, annoncée sur TikTok, aurait été organisée par un réseau local de trafiquants de drogue.
L’événement devait se tenir dans un gymnase à deux jours de la rentrée scolaire. Mais un arrêté préfectoral du 28 août, révélé par le quotidien La Marseillaise, a mis fin à cette initiative. Selon le document officiel, « cette distribution est à l’initiative du FV Gang comme le montre la photo illustrant le compte « une voix dans la zone », groupe lié au trafic de stupéfiants » dans ce quartier classé prioritaire.
L’annonce, décorée de dessins colorés avec trombone, classeur et stylo, avait été publiée en début de semaine sur le réseau social avant d’être supprimée vendredi soir. Pour le préfet, « la réalisation par ce réseau d’une action caritative est de nature à valoriser les actions du groupe FV Gang ainsi que sa réputation et a pour effet de diffuser une image positive de criminalité organisée liée au trafic ».
Un quartier sous l’emprise du trafic
Dans son arrêté, le préfet insiste sur « l’omniprésence du trafic de stupéfiants dans le département », l’un des plus pauvres de France. La préfecture rappelle également qu’une opération semblable avait déjà eu lieu en septembre 2024, toujours à l’initiative de personnes liées au FV Gang.
Cette nouvelle tentative illustre la volonté des réseaux criminels de gagner en influence au sein des quartiers en mêlant opérations d’image et actions pseudo-caritatives à destination des habitants.
Des méthodes d’influence inquiétantes
Le cas d’Orange n’est pas isolé. Au début du mois, la radio Ici Gard-Lozère avait révélé que des habitants d’un quartier populaire de Bagnols-sur-Cèze, dans le Gard, avaient reçu une lettre de dealers. Dans ce courrier, les trafiquants s’excusaient des « nuisances » causées par le trafic, et proposaient les services de « jeunes motivés » pour du bricolage ou des courses.
De telles pratiques rappellent les méthodes d’implantation de ces réseaux, qui cherchent à se rendre indispensables au quotidien des habitants, renforçant ainsi leur mainmise et leur image.
Ce fléau qui mine le sud-est
Dans de nombreuses villes moyennes du sud-est, le trafic de stupéfiants gangrène la vie des quartiers et génère violences et tensions. À Nîmes, un couvre-feu pour mineurs a été instauré cet été à la suite de fusillades liées au trafic, une mesure prolongée en septembre.
Les autorités rappellent régulièrement l’ampleur des moyens financiers de ces organisations criminelles et les risques de corruption qu’elles représentent. Ces interventions publiques visent à contenir une influence croissante, qui menace directement la cohésion sociale dans les territoires les plus fragiles.
Avec AFP



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