Les orages estivaux violents seront plus fréquents et plus intenses dans les régions alpines à l’avenir, selon une étude publiée jeudi par l’Université de Lausanne (Unil). Le phénomène est directement lié au réchauffement climatique, précisent les chercheurs.
En analysant les précipitations extrêmes enregistrées dans les Alpes entre 1991 et 2020, les scientifiques estiment qu’une hausse de +2°C pourrait doubler la fréquence de ces épisodes.
« Un orage intense aujourd’hui considéré comme centennal pourrait se produire deux fois plus souvent à l’avenir », alerte la faculté de géosciences de l’Unil, qui a mené l’étude en partenariat avec l’Université de Padoue (Italie).
Un milieu alpin particulièrement vulnérable ?
Les chercheurs rappellent que l’air chaud retient plus d’humidité — environ 7 % par degré — et que cela renforce les phénomènes orageux. Les Alpes, qui se réchauffent plus vite que la moyenne mondiale, seraient donc parmi les régions les plus exposées à ces pluies torrentielles.
L’étude s’appuie sur des données collectées par près de 300 stations météorologiques situées en Suisse, Allemagne, Autriche, France et Italie. Elle se concentre sur des épisodes de pluie très courte (10 minutes à 1 heure), particulièrement dommageables en montagne.
Crues soudaines, infrastructures fragilisées
« L’arrivée massive de grandes quantités d’eau peut dépasser la capacité d’absorption des sols et déclencher crues éclair et coulées de débris », prévient Nadav Peleg, auteur principal de l’étude.
Face à ces risques croissants, les chercheurs recommandent d’adapter rapidement les normes d’urbanisme et les infrastructures de gestion des eaux, jugées inadaptées aux volumes attendus.
Ils plaident également pour limiter le réchauffement à 1,5°C, afin d’éviter une aggravation des extrêmes. Un seuil que la planète pourrait franchir d’ici 2030-2035, selon les experts du Giec.
« Nous observons déjà une intensification des tempêtes estivales et cette tendance ne devrait que s’aggraver », avertit Francesco Marra, co-auteur de l’étude.
Avec AFP





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