EN IMAGES - Perchée au bout d’une piste escarpée, une ancienne bergerie en ruine entame sa seconde vie sous l’impulsion de l’architecte Paul Collier, aux côtés de sa fille Romane. Ce domaine de trois hectares allie désormais retraites contemplatives et culture du célèbre citron IGP.
- Ce reportage a été réalisé à la suite d’une visite de presse, sans partenariat commercial entre l’établissement et Menton-Presse.
C’est au détour d’une piste escarpée, sur un domaine agricole de trois hectares en restanques parfaitement alignées, que la Maison du Careï dévoile ses charmes. Quelques années en arrière, rien ne laissait pourtant présager un tel aménagement !
« C’était une ruine. Il n’y avait pas d’accès, le lieu était complètement enclavé » raconte à Menton-Presse Paul Collier, architecte américain originaire du Texas, installé en France depuis trente ans.
Spécialisé dans les villas privées, notamment autour de Èze et de Saint-Jean-Cap-Ferrat, il cherchait un projet dans le Sud. « J’avais une envie un peu vague de retaper une vieille bergerie. Ma femme est tombée sur ce bijou abandonné depuis près de cent ans. »
Une ruine sortie de l’oubli


Le coup de cœur est immédiat. Le rêve, un peu fou, devient lui réalité. « C’est le fait de créer une route qui nous a permis de faire revivre cet endroit. » En travaillant la terre, la pierre et les anciens murs, le propriétaire découvre aussi une histoire agricole beaucoup plus ancienne qu’imaginé.
Sur place, il dit avoir retrouvé de la monnaie romaine et gallo-romaine. Il évoque aussi des oliviers « de plus de deux mille ans » et des kilomètres de restanques en pierres sèches, parfois enfouies dans la forêt. « On a découvert une belle histoire d’agriculture très ancienne. »
La Maison du Careï n’a pas été pensée comme une villa de vacances posée sur les hauteurs de Menton. Le domaine cultive aussi des olives, du maraîchage bio et du citron de Menton IGP.
« C’est une tâche très difficile, sur laquelle on ne peut jamais gagner d’argent » reconnaît l’architecte. D’où l’idée de faire vivre ce bijou autrement, par l’accueil de petits groupes.
Refuge intimiste pour déconnecter sur les hauteurs
Désormais, on peut y recevoir jusqu’à dix personnes, avec cinq chambres. Mais Paul Collier et sa fille Romane refusent de la réduire à une simple location. « On ne veut pas s’appeler maison d’hôte parce qu’on ne l’est pas vraiment. On cherche encore la bonne appellation » sourit-il.




La formule s’adresse aux familles, groupes d’amis, retraites de yoga, petits séminaires ou séjours créatifs. En haute saison, les séjours sont limités à un minimum de quatre jours. « Vu les difficultés de la route et les voisins, on préfère accueillir des groupes et traiter le lieu un peu comme un refuge. On monte, on reste sur place, puis on repart. Et cela plaît beaucoup. »
Tout a vraiment commencé à prendre forme l’an dernier, après quelques essais réussis avec une plateforme scandinave. Cette année, la Maison du Careï s’ouvre encore davantage. « On aura des Américains, des Français… Une famille danoise vient même célébrer un mariage ici » précise Romane Collier.
Yoga et cinéma au bord de la piscine
Avec son expérience dans la restauration et son regard artistique, Romane a largement contribué à faire exister l’ensemble. « C’est elle qui a révélé l’endroit » confie son père. La page Instagram a attiré une première communauté, séduite par les pierres, la lumière, les animaux…
Sur place, les expériences se construisent selon les envies. Peinture sur céramique, retraites bien-être, chef à domicile, dîners privés, four à pizza au bois, repas sous les arbres, grandes tablées près de la piscine…
« On accueille les gens comme si c’était la famille. S’ils veulent aller à Monaco ou en Italie, on peut leur conseiller un restaurant, les aider à organiser leur sortie »
Certains détails sont nés presque par hasard. Près de la piscine, un grand mur de soutènement s’est mué en écran de cinéma. « On a un projecteur, une petite cabine, et l’image se reflète dans l’eau avec la musique, les bougies. C’est assez magique. »
Bientôt un spa dans une ancienne citerne
Un potager doit également permettre d’accueillir des tablées plus importantes. Un laboratoire de transformation et une cuisine professionnelle sont aussi envisagés pour travailler les fruits et légumes, accueillir des chefs ou organiser des cours de cuisine. Mais le projet le plus singulier concerne peut-être l’eau.
Paul Collier souhaite créer un spa dans une ancienne citerne. « On a même les dates écrites dans l’enduit, à l’époque où l’eau a coulé pour la première fois. On veut intégrer tout cela dans le concept. » L’ouverture est espérée pour l’été 2027.





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