Originaire de Cannes, Olivier Roubin a travaillé à Paris plusieurs années, dans le marketing digital. En revenant sur la Côte d'Azur, il constate que de nombreux petits commerces histo­riques ont fermé. Une idée lui vient alors : ouvrir une plate­forme de livraison alimen­taire ("food-​take" dans le jargon), mais locale. "La plupart des sites sont nationaux ou inter­na­tionaux, et sont pensés à Paris. J'ai voulu inverser l'approche et lancer le projet direc­tement depuis notre département". 

LA PANDÉMIE, UN TEST GRANDEUR NATURE POUR LES CIRCUITS COURTS ALIMENTAIRES !

"Un marketplace alimentaire de proximité"

Depuis juin 2017, date de lancement, la plate­forme a fait du chemin : elle est aujourd'hui opéra­tion­nelle de Théoule-​sur-​Mer à Menton. D'une douzaine de commer­çants au départ, l'initiative en réunit maintenant une quarantaine.

Sur Monpanierbleu.com, les artisans et produc­teurs de la Côte d'Azur proposent leurs produits en "clic & collect" (retrait en magasin) ou à la livraison.

Monpanierbleu.com, c'est avant tout "une approche locavore", c'est-à-dire consommer local autant que faire se peut : "nous travaillons avec des primeurs bio, des bouchers et poisson­niers qui proposent un produit exclu­si­vement français" souligne Olivier Roubin.

monpanierbleu

"Le meilleur livré directement chez vous"

"Qualité et traça­bilité" sont les deux mots d'ordre chez monpanierbleu.com. Et pour que le service soit optimal, la plate­forme vous livre où que vous soyez dans le dépar­tement. "C'est un gain de temps, et en plus vous avez la garantie de la qualité puisque ce sont des véhicules réfri­gérés qui vous livrent, pas des scooters".

 "Mangez moins, mais mangez mieux"

20 à 25% de ce qui est acheté en grande surface finit à la poubelle. L'entreprise azuréenne a souhaité proposer des produits hautement quali­tatifs qui seraient "dégustés" sans être gâchés : "on essaie de promouvoir un 'mangez moins, mais mangez mieux".

Toujours dans cet objectif de proposer le meilleur, la plate­forme est en étroite colla­bo­ration avec Ysabelle Levasseur, diététicienne-​nutritionniste, qui aide les utili­sa­teurs à apprendre à bien s'alimenter en local.

"Une explosion pendant le premier confinement, puis la chute"

En mars 2020, pendant le premier confi­nement, beaucoup de sudistes, bloqués chez eux, se sont tournés vers Monpanierbleu : "on a multiplié par dix notre activité!" se rappelle le patron.

Mais ce pic n'a été que de courte durée. Dès le décon­fi­nement, puis cet automne, les gens sont retournés en grande surface, et faute de moyens finan­ciers, se sont une nouvelle fois tournés vers le moins cher.

"On ne sait pas si l'on va pouvoir continuer"

"Aujourd'hui, on fait partie des PME qui ne savent pas si elles vont pouvoir continuer". Le premier confi­nement leur a permis de survivre, puis un prêt garanti par l'Etat de poursuivre leur activité. Mais si un troisième confi­nement survenait, l'entreprise serait en grand danger.

"Il est impos­sible de garantir notre survie. Il nous faut des inves­tis­seurs, mais en l'absence totale de visibilité c'est difficile, et les banques ne suivent pas". Une première levée de fonds, prévue en juin, a déjà été repoussée.

Autre soucis de taille : l'absence d'évènementiel en 2020, qui repré­sente en temps normal 60% du chiffre d'affaire. "On a perdu plus de 150.000 euros, pour une petite société comme la nôtre, c'est beaucoup". 

"Au moment où je vous parle, je suis incapable de vous dire si Monpanierbleu existera toujours cet été…"

Pour découvrir cette entre­prise et soutenir la consom­mation locale en commandant, c'est par ici
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