À Nice, 200 maires de villes côtières ont lancé une coalition mondiale pour faire face ensemble à l’urgence climatique qui menace les littoraux et leurs habitants.
Alors que s’ouvre lundi à Nice la Conférence des Nations unies sur l’océan (Unoc3), quelque 200 élus municipaux et régionaux venus de villes côtières du monde entier ont uni leurs voix ce samedi. Leur objectif : répondre collectivement aux effets déjà visibles du changement climatique sur les zones littorales, particulièrement exposées à la montée des eaux, aux tempêtes et à l’érosion.
D’ici à 2050, plus d’un milliard d’humains vivront à moins de dix mètres au-dessus du niveau de la mer, alerte la coalition. Ce seuil géographique en fait des populations parmi les plus vulnérables de la planète face aux dérèglements climatiques.
Une menace concrète pour des millions de vies
« Pour nous, la montée des eaux ne se compte pas en centimètres, elle se compte en nombre d’habitants qui devront se déplacer. Et en nombre de victimes », a prévenu le maire de Nice, Christian Estrosi, qui présidera cette nouvelle coalition internationale.
Ils sont les visages de la coalition @ORCR_Coalition. Merci à chacun d’eux pour leur présence, pour leur engagement. Rendez-vous en 2026.
— Christian Estrosi (@cestrosi) June 7, 2025
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They are the faces of the @ORCR_Coalition. Thank you to each and every one of them for their presence and their… pic.twitter.com/uV27jqKhoT
Pour ces élus, souvent en première ligne lors des catastrophes climatiques, l’enjeu est immédiat et tangible. Ils estiment que les politiques nationales sont souvent trop lentes, voire absentes, laissant les collectivités locales sans moyens ni stratégie adaptée.
Unir les villes pour mieux s’adapter
« Ce n’est pas un ‘si’, c’est un ‘quand’ cela arrivera », a martelé LaToya Cantrell, maire de La Nouvelle-Orléans, durement touchée par l’ouragan Katrina en 2005. Elle a insisté sur l’importance de créer un réseau mondial d’élus capables de partager leurs bonnes pratiques et d’innover ensemble face aux défis communs.
« Nous sommes capables de nous soutenir, de créer un élan, et de nous assurer que nous apprenons les uns des autres », a-t-elle souligné, tout en déplorant l’absence de délégation officielle américaine au sommet des Nations unies.
Des objectifs concrets et un ancrage onusien
Cette coalition placera son siège opérationnel à Nice et organisera un sommet annuel dédié à l’adaptation côtière. La prochaine édition est prévue au Maroc en 2026. Elle prévoit aussi la création de groupes de travail mêlant experts scientifiques et élus locaux, pour renforcer le partage de connaissances.
La structure ambitionne également de faciliter l’accès aux financements pour les villes littorales. Les partenariats avec les banques publiques de développement figureront au cœur de son action, alors que nombre de collectivités peinent à concrétiser leurs projets de résilience faute de budget.
Donner une voix aux territoires dans les négociations mondiales
Grâce à son adossement à l’ONU, la coalition entend peser dans les grandes négociations climatiques, comme les COP, où les collectivités territoriales sont encore peu entendues. Elle espère faire émerger une voix commune des littoraux, forte, visible et audible au niveau international.
À Nice, les villes côtières se donnent ainsi un outil pour affronter collectivement l’avenir : un futur dans lequel, pour nombre d’entre elles, chaque centimètre d’élévation du niveau de la mer pourra faire basculer des milliers de vies.
Avec AFP










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