Municipales 2026 - Au Palais Neptune, à Toulon, Josée Massi a mis en garde mardi soir contre la « division » et la « honte » en cas de victoire de la députée RN Laure Lavalette aux municipales. Devant environ 800 personnes, la maire sortante a défendu une « ville apaisée ».
Une salle comble, des slogans qui montent des rangs, et un mot qui revient comme un avertissement. Mardi soir, au Palais Neptune, Josée Massi s’est adressée à quelque 800 personnes réunies pour son meeting dans la préfecture du Var, face à celle qu’elle présente comme sa principale rivale aux municipales, Laure Lavalette.
Sur scène, la maire sortante a donné le ton d’entrée, en ciblant le risque d’un scrutin qui fracture la ville. « Soyez-en sûrs : si Laure Lavalette prend Toulon, la ville sera divisée, fragmentée. Toulon ne doit pas être un terrain d’affrontement », a-t-elle lancé.
« Nous, on veut être fiers de dire qu’on vit à Toulon ! »
Laure Lavalette, députée du Rassemblement national, est favorite du scrutin à Toulon. Selon les sondages, elle est donnée largement en tête du premier tour. Mais un scénario reste ouvert au second tour, dans l’hypothèse d’un duel face à la maire sortante, si les camps de la gauche et de la droite optent pour un front républicain.
Josée Massi a également convoqué un souvenir politique local, en référence à l’élection d’un maire du Front national (FN, ex-RN) en 1995. « Je ne veux pas recommencer comme en 1995 où on avait honte d’habiter Toulon. On disait qu’on vivait dans le Sud entre Marseille et Nice… », a ajouté celle qui est décrite comme discrète mais pugnace.
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Dans une salle où son discours est ponctué de « Osez Josée ! », la maire sortante a martelé une autre formule, tournée cette fois vers l’image de la ville. « Nous, on veut être fiers de dire qu’on vit à Toulon ! », a-t-elle proclamé.
« Ni de droite, ni de gauche, ni du centre…»
Âgée de 75 ans, Josée Massi a insisté sur sa ligne de campagne, en opposant son projet à une manière de gouverner qu’elle critique frontalement. « On ne le fait pas en excitant les peurs. On ne gouverne pas en désignant des boucs émissaires », a-t-elle encore dit.
En présence de ses 60 colistiers, elle a décrit le Toulon qu’elle dit vouloir construire, en mettant en avant l’idée d’une ville apaisée et un socle de valeurs. Elle affirme oeuvrer pour « un Toulon apaisé, où les générations se parlent, où les quartiers ne s’opposent pas, où la diversité est une richesse tenue par un cadre commun : la République, la laïcité, l’égalité femmes-hommes, le respect de l’autorité ».
Dans la même veine, la maire sortante a aussi insisté sur la place de chacun dans la ville. « Chaque Toulonnais compte, quel que soit son quartier, son âge, son parcours. Une fois élue, je ne laisserai personne au bord de la route », a assuré cette ancienne enseignante puis directrice d’un centre d’insertion sociale.
Elle a réaffirmé n’être « ni de droite, ni de gauche, ni du centre, mais de Toulon », un positionnement qu’elle revendique au moment où les équilibres politiques locaux sont observés de près.
Quels avis dans la salle ?
Ancienne première adjointe d’Hubert Falco, Josée Massi lui a succédé en mai 2023 après sa condamnation dans une affaire de détournement de fonds publics. Condamné définitivement en juin 2025, l’ancien homme fort du Var avait demandé à Mme Massi de se présenter, avant de lui préférer le sénateur LR Michel Bonnus.
En janvier, Mme Massi avait finalement refusé de rentrer de rentrer dans le rang et maintenu sa candidature. Elle a expliqué que cette décision n’a « pas été facile » car elle est « plutôt une femme de l’ombre ».
Dans la salle, certains participants expriment aussi leur lecture de cette séquence. « La manière dont elle est traitée par l’ancien maire et Bonnus nous a vraiment hérissés », commente à l’AFP Joël Cometti, venu avec son épouse Anne-Marie. Electeurs « de droite », ils disent soutenir une « femme calme, intègre, sincère » et « qui ne va pas dans les combines ».
Autre voix dans le public, Gérard Abbati, 54 ans, se dit lui « un admirateur » de l’élue. « Je travaille dans l’éducation-jeunesse et j’ai cotoyé quatre maires différents, mais Josée est proche des gens. C’est une femme humaine, et ça résume tout », affirme-t-il.
Et de poursuivre, en souriant, sur la façon dont il la perçoit dans son rôle : « Falco a fait des choses mais c’était ‘Mr le maire’, c’est la différence… Avec Josée Massi, je dis ‘Josée’ », ajoute-t-il en riant.
Nice-Presse avec agence
Ce qui est important
- À Toulon, Josée Massi place sa campagne sur l’alerte contre une ville « divisée, fragmentée » et sur un registre de rassemblement…
- La configuration électorale évoquée laisse entrevoir un second tour décisif si un duel se forme et si un front républicain se met en place.
- La maire sortante assume sa rupture avec l’ancien maire Hubert Falco et le sénateur LR Michel Bonnus, et revendique une candidature « de Toulon ».










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