Déjà fragilisé par plusieurs dossiers et désormais en retrait du Rassemblement national, David Rachline sera jugé en septembre pour favoritisme, un rendez vous judiciaire qui pèse sur l’hypothèse d’un troisième mandat à la mairie de Fréjus.
À l’issue d’une enquête préliminaire, l’édile et cinq collaborateurs, anciens ou actuels, sont convoqués le 22 septembre devant le tribunal correctionnel, a annoncé vendredi le procureur de la République de Draguignan, Pierre Couttenier, dans un communiqué, confirmant une information du Nouvel Obs.
Ils sont soupçonnés d’avoir avantagé une société de sécurité liée à un proche du maire lors de l’attribution de marchés publics, pour des prestations portant sur la sécurité de la mairie, de l’office de tourisme ou encore du centre de vaccination contre le Covid 19.
Le dirigeant de cette société est lui aussi convoqué, pour répondre de recel de favoritisme et de blanchiment.
D’après le Nouvel Obs, l’ensemble des contrats représente 263 000 euros. Dans cette procédure, David Rachline a passé deux jours en garde à vue fin novembre, un épisode qui a probablement accéléré, la semaine suivante, sa décision de quitter sa vice présidence du RN, un choix effectué sous l’impulsion de Marine Le Pen.
Sollicité par l’AFP, l’élu n’a pas répondu immédiatement.
Marchés publics à Fréjus : un procès de favoritisme qui peut tout rebattre
Dans un rapport publié en mars, la chambre régionale des comptes avait signalé des « points de faiblesse », notamment des candidatures trop rares, tout en concluant à « pas d’irrégularité substantielle » dans la gestion des marchés publics de 2019 à 2024. Le parquet situe, lui, les faits reprochés entre 2015 et 2019.
Âgé de 38 ans, David Rachline s’est imposé rapidement : élu municipal à 20 ans, maire et sénateur à 26, il a aussi piloté la campagne de Marine Le Pen pour la présidentielle de 2017 et fait de Fréjus, station balnéaire de 57 000 habitants, un lieu récurrent de rendez vous politiques du parti.
La dynamique s’est toutefois grippée avec la parution fin 2023 du livre « Les Rapaces » de Camille Vigogne Le Coat, présenté comme une charge visant plusieurs aspects de son action, et contenant des accusations d’arrangements avec un entrepreneur local du BTP. L’élu dénonce des « pures inventions » et a engagé une action en justice contre la journaliste.
Dans le même temps, le Parquet national financier a ouvert une enquête pour corruption. Dans ce cadre, des perquisitions ont été menées en mars à la mairie et chez des entrepreneurs.
David Rachline attend aussi, le 27 janvier, la décision du tribunal correctionnel de Draguignan dans un dossier de prise illégale d’intérêt : il ne s’était pas retiré lors de délibérations du conseil municipal portant sur ses nominations à la tête de deux sociétés d’économie mixte.
Dans cette affaire, le parquet a requis 10 000 euros d’amende et proposé que la peine automatique d’inéligibilité soit assortie du sursis.
En revanche, une inéligibilité ferme, voire son exécution provisoire, apparaît comme un risque plus lourd dans le dossier de favoritisme, d’autant que plusieurs proches, potentiels relais en cas de départ contraint du maire, sont eux aussi poursuivis.
Cette hypothèse ne prendrait toutefois corps que si l’élu était reconduit en mars. Il ne s’est pas encore exprimé officiellement sur une candidature, même s’il s’était montré offensif lors de sa rentrée politique début octobre, devant des centaines d’habitants.
Il n’a, en tout cas, pas demandé l’investiture du RN, comme en 2020, quand il s’était présenté sans étiquette au nom d’un rassemblement revendiqué et avait été réélu dès le premier tour.
Emmanuel Bonnemain, élu centriste d’opposition et l’un des deux candidats déjà déclarés, a appelé David Rachline à quitter ses fonctions dans un communiqué, assurant que « les Fréjusiens en ont assez d’être salis par leur maire ». « De même qu’il a démissionné du bureau national du RN pour « préserver » son parti, la décence la plus élémentaire commande qu’il démissionne également de ses fonctions de maire pour préserver Fréjus. »
- Ce qu’il faut retenir : David Rachline et cinq proches seront jugés le 22 septembre à Draguignan pour des soupçons de favoritisme autour de marchés de sécurité à Fréjus. Le maire est aussi impliqué dans d’autres procédures, dont un délibéré attendu le 27 janvier, et une enquête du PNF pour corruption. Ces affaires compliquent une éventuelle candidature en mars et alimentent les appels à la démission de l’opposition.
Avec AFP






Rien de nouveau sous le soleil…. Les électeurs sanctionneront dans les urnes !