Municipales 2026 - Le premier tour des élections municipales laisse un goût amer à la « droite traditionnelle ». Si Les Républicains assurent être bien implantés dans les villes moyennes et rurales, les résultats dans les grandes métropoles comme Paris ou Lyon sont loin de la vague espérée par Bruno Retailleau. À Nice, l’avance d’Éric Ciotti face au maire sortant Christian Estrosi complique encore l’équation pour le parti.
La soirée électorale n’a pas pris la tournure espérée par Les Républicains. À l’échelle nationale, la formation dirigée par Bruno Retailleau comptait sur les municipales pour marquer son retour à la tête de grandes villes. Mais les premiers résultats dans plusieurs métropoles clés ont rapidement refroidi ces ambitions.
Boudé par l’électorat urbain, mais solidement implanté dans les villes moyennes et dans les zones rurales, le parti met en avant ses performances dans les communes de plus de 9 000 habitants. Selon LR, ses candidats seraient arrivés en tête dans près de la moitié d’entre elles au premier tour.
Les grandes villes ne répondent pas aux attentes
Dans les grandes villes, les résultats apparaissent beaucoup plus contrastés.
À Paris, où la droite espérait reprendre l’Hôtel de Ville, Rachida Dati est largement devancée par le socialiste Emmanuel Grégoire. À Lyon, le chef d’entreprise Jean-Michel Aulas, donné favori par plusieurs sondages avant le scrutin, se retrouve au coude à coude avec le maire écologiste sortant Grégory Doucet.
À Marseille, la candidate Martine Vassal se maintient tout juste au second tour.
Rachida Dati a regretté la dispersion des voix à droite. « La division affaiblit le camp de l’alternance et du changement », a-t-elle déploré, elle qui avait fait de cette élection dans la capitale « le combat de sa vie ».
Retailleau appelle à l’unité pour le second tour
Face à ces résultats mitigés, Bruno Retailleau a adressé un message d’unité à ses électeurs en vue du second tour. Le président des Républicains, qui s’est lui-même lancé dans la course à l’Élysée il y a un mois, appelle à éviter toute dispersion des voix.
« Pas de division, pas de dispersion », a-t-il insisté afin de barrer la route à la gauche et au Rassemblement national.
Cette stratégie apparaît notamment cruciale à Nîmes (Gard). Le candidat LR Franck Proust, arrivé troisième au premier tour, aura besoin du soutien des électeurs de Julien Plantier pour espérer conserver la ville face à Vincent Bouget (PCF/PS/Ecologistes) ou au candidat du RN Julien Sanchez.
Les espoirs de conquête se déplacent désormais vers Besançon. Dans cette ville dirigée par la gauche depuis près d’un siècle, le candidat de la droite Ludovic Fagaut est arrivé en tête du premier tour avec 38% des voix, devant la maire écologiste sortante Anne Vignot.
À Nantes également, le candidat Foulques Chombart de Lauwe, désigné lors d’une primaire de la droite et du centre, talonne la maire socialiste sortante Johanna Rolland, un résultat jugé supérieur aux attentes des Républicains.
À Nice, le score d’Éric Ciotti inquiète LR
Dans les Alpes-Maritimes, une autre situation retient particulièrement l’attention du parti. À Nice, Éric Ciotti, ancien président des Républicains désormais allié au Rassemblement national, arrive largement en tête du premier tour face au maire sortant Christian Estrosi, vice-président d’Horizons soutenu par LR.
Pour plusieurs responsables du parti, ce résultat constitue un signal d’alerte.
« Si Christian Estrosi perd à Nice, cela donne l’image des Républicains qui se font bouffer par l’UDR » (Union des droites pour la République), le parti ciottiste, estime un ténor du mouvement.
La situation alimente aussi des tensions internes. Des responsables comme la députée des Alpes-Maritimes Michèle Tabarot ont déjà reproché à la direction de LR de ne pas avoir sanctionné certains membres du parti qui ont soutenu Éric Ciotti, notamment le président du département Charles-Ange Ginésy.
Ce qui est important
- Les Républicains espéraient reprendre plusieurs grandes villes mais les résultats du premier tour à Paris, Lyon ou Marseille sont inférieurs aux attentes.
- La droite reste solide dans les villes moyennes et rurales et mise désormais sur des villes comme Besançon ou Nantes.
- À Nice, l’avance d’Éric Ciotti face à Christian Estrosi crée une inquiétude interne chez LR.
Nice-Presse avec agence



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