« Nous sommes prêts à reprendre cette ville aux mains de cette gauche » : par ces mots, Martine Vassal a officialisé samedi sa candidature aux municipales de Marseille, sous l’étiquette de la droite et du centre.
Deuxième à se lancer après le député du Rassemblement national Franck Allisio, Martine Vassal retente sa chance après son échec cuisant de 2020 et le basculement de la deuxième ville de France à gauche, après 25 ans de règne du LR Jean-Claude Gaudin, désormais disparu.
Mais cette fois, la situation a changé. À l’époque, « il nous manquait un phénomène fédérateur » mais « cette union, aujourd’hui, nous l’avons », a expliqué celle qui préside déjà le Conseil départemental des Bouches-du-Rhône et la métropole Aix-Marseille-Provence, lors de la clôture des universités d’été du collectif Une Génération pour Marseille.
Preuve de cette union préparée depuis plus d’un an par ce collectif dirigé par Romain Simmarano, directeur de cabinet de Renaud Muselier : la présence de l’ex-secrétaire d’État Sabrina Agresti-Roubache, proche du couple Macron, et de la sénatrice LR des Bouches-du-Rhône Valérie Boyer.
La sécurité et l’économie comme priorités
Chères Marseillaises, chers Marseillais,
— Martine Vassal (@MartineVassal) September 13, 2025
Je suis candidate pour être la Maire de chacun d’entre vous.
C’est à vous que je souhaite adresser mes premiers mots. ✉️ pic.twitter.com/K6GIvJD3lX
« On ne peut gagner que si on additionne », avait lancé un peu plus tôt à la tribune Renaud Muselier, président Renaissance de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, promettant de « peser de tout son poids » pour la victoire de Vassal en mars 2026.
Dans ses premières propositions, l’ancienne cheffe d’entreprise de 63 ans a mis en avant la sécurité et l’économie comme priorités. Dans un discours très marqué à droite, cette ex-LR désormais divers droite a affirmé qu’«on peut être attaché à l’ordre, au respect à l’autorité sans être d’extrême-droite ».
Marseille s’annonce comme l’un des foyers brûlants des municipales. Le maire divers gauche Benoît Payan n’a pas encore précisé ses intentions, même s’il répète souvent qu’«pour changer une ville, six ans, ça ne suffit pas ».
Au micro, samedi soir, les soutiens de Vassal ont fustigé le « maire non élu ». Une allusion à Michèle Rubirola, écologiste élue en 2020 à la tête du Printemps Marseillais, qui avait abandonné six mois plus tard pour « raisons de santé », laissant la place à Benoît Payan.
Divisions autour du maire sortant
Si Martine Vassal a réussi à rassembler, ce n’est pas le cas des autres camps. Payan, s’il se lance, pourra-t-il renouer au minimum avec les écologistes ? Une entente avec La France insoumise paraît improbable : le député Sébastien Delogu a déjà annoncé « une liste insoumise à Marseille ».
De son côté, l’écologiste Sébastien Barles a de nouveau plaidé samedi pour une union élargie jusqu’à LFI afin de « faire barrage à Martine Vassal », dénonçant « sa course folle vers le RN ».
Le RN en embuscade ?
À l’extrême droite, Franck Allisio est déjà en campagne, fort des trois députés obtenus avec l’alliance RN-Ciotti à Marseille aux dernières législatives et de ses 30% aux européennes. Mais pour l’instant, il refuse tout accord avec Stéphane Ravier, ex-RN et ex-Reconquête, pourtant doté d’une plus grande notoriété locale.
Allisio a juré vendredi que « beaucoup de personnes de la société civile », « de la police, justice » le rejoignent, tout en dénonçant le « binôme socialo-macroniste » Payan/Vassal qui, selon lui, dirige Marseille.
Outre ses rivaux, Martine Vassal devra aussi composer avec deux obstacles. D’abord, une enquête préliminaire pour détournement de fonds et trafic d’influence, déclenchée après le signalement d’un ancien fonctionnaire du département qu’elle préside.
« Dans cette campagne rien ne nous sera épargné » et « on est déjà victime de campagnes de caniveau », a-t-elle lancé samedi soir.
Ensuite, Frédéric Collart, chirurgien et élu départemental de sa majorité, prépare une candidature estampillée société civile.
Autre incertitude, comme à Lyon et Paris : un éventuel changement de mode de scrutin, avec deux urnes distinctes, l’une pour désigner les conseillers de la mairie centrale, l’autre pour élire les maires de secteur.
Avec AFP





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