Municipales 2026 - Le premier tour des élections municipales a rebattu les cartes politiques dans plusieurs grandes villes françaises. Le Rassemblement national confirme sa dynamique et remporte déjà plusieurs bastions, tandis que La France insoumise crée la surprise dans plusieurs métropoles. À une semaine du second tour, les alliances s’annoncent déterminantes.
Dans plusieurs villes de France, la soirée électorale de dimanche a dessiné un paysage politique plus fragmenté que jamais. Les premiers résultats du scrutin municipal montrent à la fois une dynamique du Rassemblement national et une progression remarquée de La France insoumise, dans un scrutin que les partis ont transformé en test à un an de l’élection présidentielle.
Le RN s’est imposé dès le premier tour dans plusieurs bastions, notamment à Hénin-Beaumont dans le Pas-de-Calais et à Fréjus dans le Var. Le parti d’extrême droite conquiert aussi de nouvelles villes, dont Cagnes-sur-Mer dans les Alpes-Maritimes.
Dans plusieurs grandes villes, les équilibres restent toutefois très serrés. À Toulon, la députée RN Laure Lavalette arrive largement en tête mais dispose de peu de réserves de voix pour le second tour.
La gauche sortante résiste dans les grandes villes
Dans les trois plus grandes villes du pays, les équipes sortantes de gauche réalisent de bons scores. À Paris, le socialiste Emmanuel Grégoire devance largement l’ex-ministre de droite Rachida Dati.
À Marseille, le maire Benoît Payan arrive lui aussi en tête, mais il est talonné par le député du Rassemblement national Franck Allisio.
À Lyon, l’écologiste Grégory Doucet se retrouve au coude-à-coude avec Jean-Michel Aulas, l’ancien patron de l’Olympique lyonnais soutenu par le centre et la droite, après une impressionnante « remontada ».
Dans plusieurs autres villes, le Parti socialiste parvient également à conserver une position solide, arrivant largement en tête à Rennes, Strasbourg et Montpellier.
La percée remarquée de La France insoumise
Mais au-delà de la progression du RN, la surprise de ce premier tour vient aussi de La France insoumise, qui réalise plusieurs percées notables dans des villes importantes.
« On attendait la droite radicale et on a la gauche radicale », résume François Kraus, directeur du pôle politique de l’Ifop.
Jean-Luc Mélenchon s’est félicité d’une « percée historique », citant parmi les conquêtes possibles Lille, Roubaix, Limoges, Saint-Denis et Toulouse.
À Toulouse, le député insoumis François Piquemal est parvenu à devancer son rival socialiste François Briançon, même si les deux restent largement derrière le maire sortant Jean-Luc Moudenc.
À Lille, la candidate LFI crée également la surprise, au coude-à-coude avec le maire socialiste Arnaud Deslandes, héritier de Martine Aubry.
À Roubaix, le député LFI David Guiraud obtient 45% des voix et prend une sérieuse option sur la mairie, ce qui en ferait la plus grande ville dirigée par le mouvement de Jean-Luc Mélenchon.
Dans plusieurs autres villes, le mouvement insoumis pourrait aussi jouer un rôle d’arbitre. À Paris, Sophia Chikirou, donnée autour de 13%, a promis de se maintenir si Emmanuel Grégoire ne lui propose pas une fusion « antifasciste ».
Alliances et tractations avant le second tour
L’entre-deux tours s’annonce marqué par de nombreuses négociations. Les têtes de liste ont jusqu’à mardi à 18H00 pour déposer leurs listes et décider de se maintenir, fusionner ou se désister. Pour rester au second tour, il faut avoir obtenu plus de 10% des voix.
La question des alliances est particulièrement sensible à gauche. Le Parti socialiste souhaite rompre définitivement avec LFI, mais les bons résultats du mouvement insoumis compliquent la situation dans plusieurs villes.
Le coordinateur de LFI Manuel Bompard a « tendu la main » aux autres listes de gauche « partout où la droite et l’extrême droite menacent ». Mais le premier secrétaire du PS Olivier Faure a répété qu’il n’y aurait « pas d’accord national » entre les deux partis.
Du côté de la droite, le président du RN Jordan Bardella a « tendu la main aux listes de droites sincères » pour l’emporter au second tour, tandis que Marine Le Pen évoque « de réelles chances de victoire » le 22 mars.
Dans plusieurs villes, les positions des différentes listes pourraient donc être déterminantes pour l’issue du scrutin.
Nice et plusieurs villes sous tension politique
Dans certaines villes, les résultats du premier tour prennent aussi une dimension nationale. Au Havre, l’ancien Premier ministre Edouard Philippe est bien positionné, lui qui a fait de sa réélection un préalable à une éventuelle candidature à l’élection présidentielle.
Le communiste Fabien Roussel est pour sa part réélu à Saint-Amand-les-Eaux.
À Nice, le duel entre le maire sortant Christian Estrosi et Eric Ciotti, allié du RN, tourne à l’avantage du second, avec une dizaine de points d’avance.
Dans ce contexte, le patron des Républicains Bruno Retailleau a appelé à un « grand rassemblement de la droite » pour « battre la gauche ou le RN ».
La participation reste en recul pour ce scrutin municipal. Les instituts de sondage l’estiment entre 56% et 58,5%, contre 63,55% en 2014. Ce niveau n’a été plus bas qu’en 2020, en pleine pandémie de Covid-19.
La fin de campagne a notamment été éclipsée par la guerre au Moyen-Orient, ce qui a pu peser sur la mobilisation des électeurs.
Ce qui est important
- Le Rassemblement national confirme sa dynamique et remporte plusieurs villes dès le premier tour.
- La France insoumise réalise plusieurs percées et pourrait jouer un rôle décisif dans certaines grandes villes.
- Les alliances entre les deux tours seront déterminantes dans un paysage politique très fragmenté.



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