Municipales 2026. Dans Nice-Presse Dimanche le 16 novembre, Olivier Salerno, colistier auprès de Mireille Damiano et orateur de la France insoumise, détaillait la vision de rupture promise au coeur de cette campagne électorale par le « Nice Front populaire ».

Sur les grandes structures culturelles comme le futur centre ouvert dans la Gare du Sud, le projet de Palais des Arts… Quelle est votre vision ?
Sur la Gare du Sud, soyons honnêtes. Tout a été fait dans le désordre. Des erreurs d’offre commerciale, un gestionnaire qui n’était pas en phase avec les attentes locales, une opposition de la Ville à certaines animations car cela faisait trop de bruit. Sur ce type de projet, il faut remettre les Niçois au centre de l’échiquier. Ce n’est pas au maire de décider seul dans son bureau.
Notre méthode, à nous, c’est le questionnaire « La ville que nous voulons ». On demande aux Niçois : « Vous voulez quoi dans votre quartier ? Quel usage ? Quelles priorités ?» C’est le contraire du « paternalisme municipal » si cher à Christian Estrosi…
Vous êtes un adepte du Stockfish, cette salle ouverte à Vauban il y a quatre ans. Est-ce le type de structure dont Nice a besoin ?
C’est une salle très sympa, avec une bonne programmation… mais pour une ville de banlieue parisienne. Pour Nice, cinquième de France, c’est trop peu. Ça ne peut pas être « la » réponse culturelle de la Ville. Il en faudrait plusieurs, des Stockfish, dans plusieurs quartiers, avec une vraie dimension locale, accessible, populaire.
Et surtout, il faudrait arrêter d’imaginer la culture uniquement sous forme de « grands événements vitrines », comme pour le sport… La culture, c’est aussi des studios de répétition, des salles pour les musiciens amateurs, des ateliers numériques, des lieux de création ouverts, inclusifs. Il est aujourd’hui impossible pour un jeune groupe de trouver un vrai studio en MJC pour répéter. Ça en dit long.
Les musées, est-ce un modèle à revoir ?
Le problème, c’est comment on met la culture à portée de tout le monde. Une grande expo c’est bien, mais si les scolaires, les ados, les personnes isolées, les familles des quartiers n’y accèdent jamais, ça ne sert à rien. Et on voit bien une forme d’improvisation permanente. Des fermetures interminables, des réouvertures repoussées après les élections, des solutions temporaires qui deviennent des « projets ». La culture niçoise mérite mieux que ça.
Langue, identité, patrimoine. Avez-vous l’impression que cette culture niçoise se perd ?
Il y a un vrai risque de « folklorisation ». On fait croire que l’on défend l’identité niçoise en mettant deux panneaux en nissart à Noël, mais dans la vie réelle, rien ne suit. Je vais vous donner un exemple personnel. Mon fils est scolarisé dans une école où fonctionne une véritable classe nissarde, du niveau de la maternelle jusqu’à la fin du primaire. Ils apprennent à parler, à comprendre, à chanter en nissart. C’est magnifique. Mais après ? Plus rien. Pas de collège dédié. Peu d’enseignants formés. Aucune continuité. C’est un trésor, et on le laisse se perdre. La langue niçoise, comme la musique et les traditions locales, doit être un outil d’inclusion, pas un folklore pour attirer les touristes.






