Municipales 2026 - À un mois des municipales des 15 et 22 mars, les partis politiques entrent pleinement dans une campagne aux allures de test avant la présidentielle de 2027. Le Rassemblement national veut confirmer sa dynamique, dans un climat politique “brusquement alourdi” après de violents incidents à Lyon, tandis que plusieurs forces affûtent leurs stratégies ville par ville.
Dans un mois, les municipales. Dans un an, la présidentielle. À mesure que le calendrier se resserre, les formations politiques abordent ces scrutins locaux comme un révélateur à grande échelle, avec en toile de fond l’échéance de 2027.
Le climat politique s’est durci à la veille du week-end, après de violents incidents en marge d’une conférence de l’eurodéputée LFI Rima Hassan à Lyon, qui ont entraîné la mort cérébrale d’un militant.
Un scrutin annoncé comme très incertain
Dans cette campagne, l’incertitude est présentée comme un trait majeur. Ceux qui s’essayent aux pronostics “ont le goût du risque”, tant le paysage paraît mouvant, y compris dans les grandes villes.
La sondeuse Adélaïde Zulfikarpasic, d’Ipsos-BVA, met en garde : « le scrutin municipal le plus incertain depuis cinquante ans au moins », même dans les plus grandes villes.
Ce flou nourrit des espoirs dans plusieurs camps. Le Rassemblement national veut en faire la démonstration, mais il n’est pas le seul à viser des gains. La droite, par exemple, voit une fenêtre à Paris, tandis que les Ecologistes s’emploieront surtout à limiter la casse.
Le RN vise “plusieurs dizaines de communes”
Le RN veut confirmer sa dynamique et présenter un nombre record de listes : au moins 650. Son président Jordan Bardella a chiffré l’ambition : « Plusieurs dizaines de communes » pourraient, selon lui, élire le parti à la flamme.
Le “joyau de la couronne” serait Marseille, deuxième ville de France, où Franck Allisio est indiqué au coude-à-coude avec la coalition de gauche du maire Benoît Payan.
À Toulon, la députée RN Laure Lavalette semble aussi bien placée. Le RN présente ces élections comme un jalon vers l’Élysée, et Jordan Bardella a appelé à « préparer l’alternance » de 2027.
Le parti a toutefois des questions à régler d’ici là : Marine Le Pen, déjà trois fois candidate, pourrait voir sa route barrée si sa peine d’inéligibilité se confirmait.
Nice et les grandes villes au centre des calculs
Face au RN, la gauche veut remobiliser ses électeurs pour faire obstacle à l’extrême droite. Le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, a qualifié début février les municipales des 15 et 22 mars de « premier rempart » contre l’extrême droite.
Le PS, en difficulté au niveau national, conserve un ancrage local et vise notamment Saint-Étienne et Strasbourg. À Paris, le bastion socialiste est présenté comme menacé par la candidature LR de Rachida Dati, elle-même gênée à sa droite par Sarah Knafo, de Reconquête.
[La citation 💬] Cette figure locale très appréciée des Niçois rejoint Éric Ciotti (@eciotti) pour l’élection municipale ⤵️https://t.co/oKenbC6AWX pic.twitter.com/dVcWxiCiU3
— Nice-Presse · Top infos (@NicePresse) February 14, 2026
À Nice, deux anciens piliers LR partis dans des directions opposées s’affrontent : Christian Estrosi et Éric Ciotti.
Des alliances centre-droite semblent en bonne position à Besançon ou Bordeaux. Les Républicains cherchent à exister face au RN, alors que leur président Bruno Retailleau s’est officiellement lancé jeudi dans la course pour 2027.
La France insoumise assume aussi de faire des municipales un tour de chauffe avant 2027. Son coordinateur Manuel Bompard résume la logique : « Les municipales pour nous, c’est une étape importante de maillage du réseau militant pour se préparer à la présidentielle ».
Les Insoumis, qui visent surtout les villes moyennes, regardent vers Roubaix, où leur député David Guiraud est donné favori.
Les Ecologistes craignent, eux, la déconfiture. Après avoir gagné une dizaine de grandes villes en 2020, ils peinent à transformer l’essai. Lyon et Strasbourg pourraient tomber, même si les Verts se cramponnent à Grenoble et Tours.
Le vote sanction, redouté par les partis au pouvoir, ne devrait pas vraiment jouer cette fois. Le parti d’Emmanuel Macron « est très peu présent au niveau local », explique Bruno Jeanbart d’OpinionWay.
Au-delà des partis, ces municipales serviront aussi de test à quelques présidentiables. Édouard Philippe, chef du parti Horizons, joue gros au Havre. François Bayrou se remet en selle à Pau. Fabien Roussel se représente à Saint-Amand-les-Eaux.
La campagne met aussi en lumière des candidatures hors du sérail politique, comme celle de l’ancien patron de l’OL Jean-Michel Aulas, adoubé par la droite et le centre, et présenté comme en position favorable à Lyon.
Les stratégies du second tour seront scrutées, avec des questions d’alliances : qui s’alliera avec qui ? Le PS et LFI trouveront-ils un terrain commun ? La droite tendra-t-elle la main au RN ?
Si les municipales reposent en grande partie sur des enjeux locaux, leurs résultats donnent aussi des indices sur les priorités des Français. D’après les sondages cités, la sécurité arrive très haut, avec le pouvoir d’achat, puis la santé et l’environnement.
Mais même utilisées comme indicateur, ces élections “n’ont rien d’une boule de cristal”. Les municipales de 2020 avaient porté une vague verte qui s’était ensuite affaissée à la présidentielle suivante.
Pourquoi c’est important
- Les municipales des 15 et 22 mars sont présentées comme un test politique à grande échelle avant la présidentielle de 2027.
- Le RN affiche des objectifs chiffrés et vise des villes clés, pendant que la gauche, la droite, LFI et les Ecologistes ajustent encore leurs stratégies…
- Les thèmes qui dominent dans les sondages (sécurité, pouvoir d’achat, santé, environnement) donnent des indices sur les priorités des Français, sans “boule de cristal” pour 2027.
Municipales 2026, qui sont les candidats déclarés à Nice ?
- Christian Estrosi (Les Républicains-Horizons)
- Éric Ciotti (UDR-Rassemblement national)
- Juliette Chesnel-Le Roux (Socialistes, communistes, Verts)
- Mireille Damiano (La France Insoumise, Viva)
- Nathalie Dloussky (EGF, souverainiste)
- Céline Forjonnel (Démocratie directe)
- Hélène Granouillac (Écologiste indépendante)
- Cédric Vella (Reconquête, extrême droite)










Sujet très bien traité, continuez ainsi !