• Léo Martin avec Alexandre Chavance

Jugée brusque et peu respec­tueuse, la conduite des Niçois souffre d'une réputation peu relui­sante. Face aux mauvais compor­te­ments, la munici­palité souhaite serrer la vis. Difficile, après plusieurs années de laisser-aller.

"Plus il y aura de sanctions, plus la population prendra le pli" nous indiquait avec fermeté Gaël Nofri en février dernier. L'adjoint au maire délégué à la circu­lation et au station­nement tape du poing sur la table face aux "mauvais conducteurs".

Dans la cité des Anges, ils sont nombreux à s'octroyer quelques passe-​droits au volant. "Ça m'arrive souvent de griller des feux rouges, mais je ne m'inquiète pas, je n’ai jamais été pris par un quelconque policier en un an" nous confie avec désin­volture un Niçois, Charlie R.

Pourtant, la munici­palité affirme avoir inten­sifié les contrôles avec des opéra­tions menées notamment "le soir sur l’alcoolémie, la vitesse, les stupé­fiants". En 2021, les inter­pel­la­tions pour manque­ments au code de la route - vitesse, téléphone, alcool, stupé­fiants - ont même augmenté de 77% chez nous.

La vitesse reste un cheval de bataille majeur de la mairie. Si Nice est la ville de France où l'on roule le plus lentement, certains axes larges permettent à quelques automo­bi­listes d'appuyer sur le champignon. C'est le cas de la promenade des Anglais.

Gaël Nofri entend renforcer les dispo­sitifs de verba­li­sation automa­tique. Jeudi 5 mai, au micro de notre parte­naire BFM Nice Côte d'Azur, l'élu a relancé l'idée, à l'oreille de l'Etat, d'un radar sur la Prom.

Un outil déjà réclamé par la munici­palité en 2021. Demande validée par la préfecture des Alpes-​Maritimes pour une mise en service face au Negresco prévue pour fin 2021. En mai 2022, toujours aucun signe.…

Pour le moment, cet axe littoral dispose d'un radar de feux à l'angle Gambetta et d'un radar de vitesse à hauteur du P8 de l'Aéroport Nice Côte d'Azur.

De (vieilles) mauvaises habitudes

En dépit d'une certaine fermeté, Gaël Nofri l'assure : "Les Niçois ne roulent pas plus mal que les autres. C’est un problème général du Sud."

Michel Rogeon, membre de l’Automobile club, complète : 

"Les Niçois ne conduisent pas plus mal que les Parisiens, ils sont juste moins patients et plus agressifs qu'ailleurs"

Michel Rogeon, Automobile club de Nice

L'adjoint de Christian Estrosi justifie le compor­tement parfois permissif des automo­bi­listes par "15 ans d’erreur de la part des anciens maires, comme Jacques Peyrat".

"Il avait instauré des 'axes rouges' où les doubles files le long de la construction de la ligne de tram étaient surveillées par la police. Ce qui sous-​entendait que l'inacceptable était accepté ailleurs!"

Gaël Nofri, adjoint au maire de Nice

Des compor­te­ments qui rendent difficile la circu­lation dans une ville déjà compliquée de nature : "L’urbanisme contraint l’espace, Nice est une vieille ville, elle n’a pas été construite pour le 'tout-​bagnoles'."

"C’est une question d’équilibre. Il ne faut forcer personne à abandonner sa voiture. Mais il ne faut pas non plus la prendre pour faire 200 mètres !"

Nouveaux problèmes

En plus des quelques 180.000 automo­bi­listes de la capitale maralpine, il faut également composer avec l'afflux de touristes. Environ 150.000 voitures passent chaque année pour rejoindre les ferries.

Scooters, vélos, motos sont autant d'autres véhicules à gérer, tout comme les trotti­nettes… Qui hérissent les résidents.

C'est notamment face à ces dernières que Gaël Nofri veut agir. "Certains usagers des trotti­nettes posent de vraies diffi­cultés et font courir un danger" indiquait l'élu en décembre dernier après la mort de deux Azuréens.

Face à "l’inadéquation de la loi", l'édile s'est dit "favorable à leur immatri­cu­lation. Ce n'est pas encadré, il faut une législation."

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